La Cour de cassation a ouvert ce lundi le procès tant attendu concernant le détournement présumé de fonds destinés à des projets infrastructures à Kinshasa, notamment l’installation de lampadaires et la construction de stations de pompage et de traitement d’eau dans les zones rurales du pays.
Deux personnalités sont au cœur de cette affaire : Mike Kasenga, directeur de Stever Construct, l’entreprise chargée d’exécuter ces projets, et François Rubota, ancien ministre du Développement rural. Kasenga est actuellement en détention préventive à la prison de Makala, tandis que Rubota bénéficie d’une liberté provisoire. Un autre acteur clé, Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances et député national, est également cité dans cette affaire, bien que son nom ne figure pas sur l’extrait de rôle.
Le procès se déroule dans la salle Marcel Lihau, où les deux prévenus, accompagnés de leurs avocats et collaborateurs, attendent le début des audiences. Cette affaire fait suite à des allégations de surfacturation liées à un contrat initial signé entre le gouvernement congolais et le consortium Devert Construct Cameroun SARL et Sotrad Water. Ce contrat prévoyait l’installation de 1 000 unités de pompage et de traitement d’eau dans 1 000 localités pour un montant total d’environ 400 millions USD sur cinq ans.
La justice a été saisie après la publication d’un rapport conjoint par l’Observatoire de la dépense publique (ODEP) et la Ligue congolaise contre la corruption, qui a soulevé des soupçons sérieux concernant des malversations financières. Les membres du consortium ainsi que les personnalités mises en cause ont fermement nié ces accusations, affirmant respecter les termes du contrat.En octobre dernier, l’ODEP avait exprimé ses inquiétudes quant à cette affaire, appelant à une transparence totale dans l’enquête judiciaire en cours sur les soupçons pesant sur Kazadi et Rubota.
Cet appel intervient alors que la lutte contre la corruption est une priorité affichée par le gouvernement congolais, mais souvent entravée par un manque d’actions judiciaires concrètes.Les prochains jours s’annoncent cruciaux pour la justice congolaise alors que ce procès pourrait avoir des répercussions significatives sur la lutte contre la corruption dans le pays.
Merveille Maleya


