Près de 20 cas de violences sexuelles faites aux femmes sont documentés au moins chaque jour dans le camp des déplacés de Lushagala à Goma, Chef-lieu du Nord-Kivu.
Les déplacés de la guerre du M23 vivent un calvaire inédit dans des camps de fortune où ils sont amassés autour de la ville de Goma.
Sans abris, ni nourritures, sans eau ni soins, ces vulnérables qui vivent dans des cabanes sous des conditions inhumaines ne savent à quel saint se vouer.
Dans ce contexte difficile, les femmes et filles déjà vulnérables sont malheureusement victimes d’agressions sexuelles récurrentes, principalement dans le camp de Lushagala-Extension, à Mugunga, un quartier périphérique de la ville de Goma, rapportent les ONGs locales.
D’après des statistiques livrées Mardi 13 août, sur une radio locale par Nadège Kubuya, responsable de la clinique mobile attachée à ce camp, environ 20 cas de violences sexuelles faites aux femmes y sont enregistrées par jour.
« Depuis le 18 avril, date à laquelle l’OMS a installé cette clinique mobile, nous avons observé une recrudescence des cas de violences basées sur le genre, notamment des violences sexuelles. Chaque jour, nous enregistrons près de 20 cas de viols chaque jour », a-t-elle dit.
Dr. Nadège Kubuya explique que les victimes tombent dans les mailles de leurs bourreaux généralement quand elles se dirigent vers le parc des Virunga à la recherche du bois de chauffage pour leur cuisine, et d’autres sont directement ciblées dans le camp de concentration de déplacés.
La situation est tellement préoccupante, dit-elle, dans ce camp de plus de 40 milles déplacés dont la plupart sont des femmes et des enfants.
À ces jours, en dépit de la situation sécuritaire toujours instable suite à la présence du M23 dans plusieurs agglomérations, environ 383 milles personnes déplacées ont choisi de retourner dans leurs villages d’origine dans le territoire de Rutshuru entre mars et juillet dernier, à leurs risques et périls. C’est ce que rapporte OCHA dans son dernier rapport.
En cause, les conditions effroyables qui sont les camps, l’aide humanitaire disponibilisée n’étant pas en mesure de couvrir leurs besoins journaliers en restauration ne leur permettant pas d’y demeurer longtemps. Non seulement cela mais aussi, à cause de l’élasticité du conflit qui dure plus de 2 ans déjà et dont le dénouement se fait toujours attendre.
Jean NGAVIRO


