Le président Félix Tshisekedi a effectué, samedi, une nouvelle descente au Grand Marché de Kinshasa. Attendu pour constater l’évolution des travaux de modernisation, il a trouvé un décor qui trahit l’indiscipline urbaine : des routes récemment asphaltées envahies par des vendeurs ambulants, des immondices accumulés sur les trottoirs et un désordre persistant malgré ses recommandations antérieures.
Visiblement irrité, le chef de l’État n’a pas caché son mécontentement. Il a dénoncé l’inaction des autorités locales et a rappelé que la réhabilitation du marché central ne peut se limiter aux infrastructures. « Ce chantier doit être accompagné d’une gouvernance rigoureuse et d’une discipline collective », a-t-il martelé, soulignant que l’insalubrité chronique menace l’image de la capitale et freine son dynamisme économique.
Le Grand Marché, fermé en 2021 pour réhabilitation, est censé devenir un symbole de modernisation urbaine. Les travaux ont permis de rénover les avenues environnantes et de préparer un espace commercial plus structuré. Mais la persistance des marchés pirates et des dépotoirs improvisés révèle un paradoxe : Kinshasa se dote de nouvelles infrastructures, mais reste prisonnière d’une gestion urbaine défaillante.
La descente présidentielle met en lumière un problème plus large : l’incapacité des services urbains à imposer l’ordre et à assurer l’assainissement. Le programme « Kin-Bopeto », lancé pour rendre la ville plus propre, peine à produire des résultats visibles. Pour les habitants, le contraste est frappant : d’un côté, des routes flambant neuves ; de l’autre, un chaos quotidien qui réduit à néant les efforts de modernisation.
La visite du président au Grand Marché ne se limite pas à une inspection : elle expose l’échec flagrant des autorités urbaines à imposer la discipline et à traduire les directives nationales en actes concrets. Les routes neuves et les investissements publics ne pourront survivre au chaos si ceux qui ont la charge de la ville se contentent de regarder passer l’anarchie. En laissant l’insalubrité et le désordre s’installer, les responsables locaux trahissent non seulement la vision présidentielle, mais aussi l’attente des citoyens. Le message est clair : il ne suffit pas de construire, il faut gouverner. Kinshasa ne pourra prétendre à la modernité tant que ses dirigeants hésiteront à faire respecter l’ordre.
JBK


