Le président Félix Tshisekedi a remis au centre du débat national la question salariale des agents publics régulièrement certifiés mais toujours privés de rémunération. En Conseil des ministres, il a exigé des mesures conservatoires pour assainir la paie publique et mettre fin aux disparités qui fragilisent l’administration.
Les rapports transmis à la présidence révèlent que des milliers de fonctionnaires, pourtant identifiés et inscrits au fichier officiel de l’administration publique, continuent de travailler sans percevoir de salaire. Une situation que le chef de l’État juge intenable, rappelant que la rémunération des agents « n’est pas une faveur, mais un droit fondamental ».Au-delà du non-paiement, les documents mettent en lumière de fortes disparités entre les administrations centrales et les services déconcentrés, des écarts encore plus accentués dans les provinces et les entités territoriales décentralisées. Félix Tshisekedi insiste sur la nécessité d’une réforme salariale fondée sur la justice et l’harmonisation, un chantier déjà évoqué lors du Conseil des ministres de juin 2024.Pour corriger ces déséquilibres, l’Inspection générale des finances (IGF) a été mandatée afin d’auditer la masse salariale et d’identifier les dépenses irrégulières. En attendant ses conclusions, le président a suspendu toute nouvelle revalorisation des primes pour les catégories déjà rémunérées et a interdit la création de nouvelles commissions permanentes afin de contenir les charges budgétaires.
Les économies générées par cette rationalisation, combinées à l’enveloppe additionnelle prévue dans le projet de budget, devront être affectées en priorité à la prise en charge progressive des agents certifiés non mécanisés. Le chef de l’État a instruit les ministres du Budget, de la Fonction publique et des Finances, sous la coordination de la Première ministre, de rendre un rapport détaillé dans les trente jours.
En s’attaquant à ce dossier, Félix Tshisekedi tente de rétablir un principe de justice sociale et de crédibilité institutionnelle. La réussite de cette réforme sera jugée non seulement à l’aune des équilibres budgétaires, mais surtout à la capacité réelle de l’État à rémunérer ceux qui, chaque jour, assurent son fonctionnement.
MMN


