Corneille Nangaa, coordonnateur de l’Alliance fleuve Congo (AFC)/M23 ainsi que 25 de ses principaux complices ont été condamnés à la peine capitale à l’issue d’un procès les impliquant et dont le verdict a été rendu public le jeudi 8 août dernier.
La justice congolaise les a reconnus coupables de crimes de guerre, haute trahison et participation à un mouvement insurrectionnel. La sentence est tombée alors que le pays a déjà levé le moratoire sur la peine de mort contre les acteurs sur lesquels pèsent ce genre de griefs.
A la presse, Constant Mutamba, ministre congolais de la Justice, a promis que tout allait être fait pour que les peines prononcées soient exécutées, allant jusqu’à garantir que des mandats d’arrêts allaient être lancés contre les condamnés en cavale dont Corneille Nanga, Bertrand Bisimwa, Willy Ngoma, Sultani Makenga, Jean-Jacques Mamba, Magloire Paluku, Adam Chalwe, Henri Maggy, etc.
Mais, au moment où l’opinion attend voir les autorités congolaises passer à l’acte, une toute première de ces dernières décennies, question de décourager les traîtres comme l’a sous-entendu Constant Mutamba, l’Union européenne a de nouveau pris position contre l’exécution des condamnés à mort.
Elle dit redouter un recul de l’état de droit si ces exécutions venaient à être effectuées par le régime de Kinshasa.
« L’UE rappelle sa totale opposition à la peine de mort, en toutes circonstances. La peine de mort est incompatible avec le droit inaliénable à la vie et elle est cruelle, inhumaine et dégradante. Elle représente la dénégation ultime de la dignité humaine, échoue à l’heure de dissuader les actes criminels et rend les erreurs judiciaires irréversibles », écrit-elle dans un communiqué.
L’AFC/M23 est pourtant responsable de crimes imprescriptibles dans le Nord-Kivu depuis plus de 2 ans : massacres des civils, tortures, pillages, enlèvement, vandalisme, etc. Suite à la guerre que ce groupe armé a imposé, plus de 3 millions de déplacés sont amassés dans des camps de fortune autour de la ville de Goma ainsi que dans d’autres entités.
Kinshasa a toujours dénoncé la complaisance de la Communauté internationale face à ces actes barbares entretenues par cette rébellion. Et, en prenant ainsi position, l’UE semble réconforter le gouvernement congolais dans ses dénonciations.
Ainsi, celle-ci va-t-elle faire ombrage à la justice congolaise afin de sauver les meneurs de la guerre du M23 contre les exécutions, en dépit de crimes dont ils sont responsables ou la RDC va-t-elle brandir sa souveraineté et aller plus loin dans sa démarche ? Attendons voir.
Jean Ngaviro


