Le Kwango, province frontalière longtemps considérée comme un carrefour vital entre la République démocratique du Congo et l’Angola, vit aujourd’hui au ralenti. Dans une correspondance adressée au vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, le collectif Bomoko Unity, conduit par le notable Iris Basuabu Ilembo, tire la sonnette d’alarme : la fermeture prolongée des postes frontaliers plonge les populations dans une précarité alarmante.
Kahemba, Kasongo-Lunda et Popokabaka, trois territoires frontaliers, voient leurs marchés se vider, leurs circuits d’approvisionnement se rompre et leurs jeunes sombrer dans le chômage. « La fermeture prolongée continue d’aggraver la pauvreté dans une province pourtant riche en potentialités économiques et humaines », souligne la lettre.
Les notables du Kwango rappellent que l’ouverture contrôlée des frontières ne serait pas seulement un geste humanitaire, mais un puissant levier économique et sécuritaire. Elle permettrait de relancer les échanges commerciaux, d’accroître les recettes publiques, de réduire la fraude et de fluidifier les déplacements des communautés vivant de part et d’autre de la frontière.
Le collectif propose le déploiement d’une mission d’évaluation sécuritaire et administrative dans les zones concernées, ainsi que la création d’un cadre de concertation entre les autorités provinciales et les services spécialisés. Une audience auprès du vice-Premier ministre est également sollicitée pour examiner les pistes d’une réouverture progressive et encadrée.
Plus qu’une frontière, un lien vital
Au-delà des chiffres et des marchés, ce plaidoyer insiste sur les liens historiques et culturels profonds qui unissent le Kwango aux provinces angolaises voisines – à savoir l’Uíge, Malanje et la Lunda-Norte. Pour les habitants, la frontière n’est pas une ligne de séparation, mais un pont de survie, d’intégration et de stabilité sociale.
En définitive, le Kwango ne réclame pas un privilège, mais une justice sociale. Derrière les barrières fermées se cachent des vies suspendues, des marchés désertés et des familles séparées. La réouverture de la frontière avec l’Angola dépasse la simple question commerciale : elle est une condition de survie et un acte d’intégration nationale. Le geste attendu du gouvernement central serait ainsi perçu comme une réparation historique et une promesse de stabilité pour une province qui refuse de rester en marge du développement.
JBK


