Ils pensaient intégrer une formation professionnelle. Ils se sont retrouvés au cœur d’une opération armée contre les institutions de la République démocratique du Congo. À mesure que les langues se délient, l’affaire Malanga prend une tournure plus sombre encore : celle d’un recrutement piégé, orchestré dans l’ombre, qui aurait coûté la vie à plusieurs personnes et entraîné la disparition des autres.
À quelques jours de l’ouverture du procès tant attendu, les premières révélations sur les méthodes de recrutement utilisées par le réseau de Christian Malanga jettent une lumière crue sur les dérives d’un système où la précarité devient une arme.
Selon plusieurs sources proches du dossier, Youssouf Ezangi, citoyen britannique d’origine congolaise recruté à partir de l’Angola et Aboubacar dans le Kongo central de dizaines de jeunes sous couvert d’un programme de formation. L’objectif affiché : intégrer une structure associative.
Mais une fois sur place, les recrues découvrent une tout autre réalité.
« On nous a dit qu’on allait défendre la nation, qu’il fallait libérer le pays. Mais personne ne nous avait parlé d’armes », confie un proche d’un jeune enrôlé.
Parmi les victimes se trouve Kevin Tamba et un certain David Thuza qui aurait été recrutés selon sa famille par son ami Dolly Iyeli congolais d’origine vivant en Angola. Ce dernier aurait été poignardé par Christian Malanga après avoir exprimé son opposition de participer à cette opération. Transporté à l’hôpital, il n’a pas survécu aux blessures. Chose grave plusieurs personnes sont portés disparus depuis cet incident.
Des avis de recherche ont été lancés et les recherches continuent. Fuite, enlèvement, élimination ? Le mystère reste entier.
Un procès annoncé, des peines déjà connues
Le procès des présumés participants à la tentative du coup d’État doit s’ouvrir dans les prochains jours à la prison militaire de Ndolo. Mais déjà, les autorités ont annoncé que tous les accusés encourent la peine de mort, conformément au code pénal militaire en vigueur.
Une déclaration qui suscite l’inquiétude des défenseurs des droits humains, qui dénoncent une justice expéditive, une absence de garanties procédurales, et une volonté manifeste de faire un exemple. Car selon le président de la CNDH Paul Nsapu, plusieurs vidéos de la garde républicaine circulent sur la toile montrant ces derniers entrain de tiré a bout pourtant et tabassé certains individus sans armes.
Au-delà des responsabilités individuelles, cette affaire révèle une mécanique plus large : celle de l’instrumentalisation de la misère et du désespoir. Dans un pays où le chômage des jeunes dépasse les 70 %, la promesse d’un emploi suffit à faire tomber les plus vulnérables dans des pièges mortels.
Alors que l’opinion publique reste marquée par les images de l’assaut du 19 mai, la société civile appelle à la transparence, à la protection des témoins et à la reconnaissance des victimes collatérales de cette opération.
MMN


