Venue de Belgique où elle a représenté pendant des années la Direction générale des douanes et accises -DGDA- auprès de l’Organisation mondiale de douane-, Jeanne Blandine Kawanda n’a vraiment pas de chance. Nommée le vendredi 3 décembre 2021 par le président de la République aux fonctions de Directrice générale de la Direction générale des douanes et accises, elle a travaillé pendant plusieurs mois sans réaliser les résultats que l’on attendait d’elle. Bien au contraire, des indiscrétions recueillies dans les couloirs de l’imposant bâtiment qui abrite les services de cette régie financière, sur la place Royale, dans la commune de la Gombe, faisaient état des désordres qu’elle aurait semés surtout dans certaines directions centrales et provinciales, ce qui aurait provoqué des remous et le mauvais fonctionnement de la DGDA.
C’est ainsi qu’elle sera nommée par le président de la République, en qualité de Directrice générale de la Congolaise des voies maritimes-CVM-, un établissement public dont le siège d’exploitation est basé à Boma, dans le district du Bas-Fleuve, au Kongo Central.
Un lourd héritage
La lourde tâche qui attendait la nouvelle Directrice générale Jeanne Blandine Kawanda consistait à tout mettre en œuvre pour redresser cet établissement public qui faisait jadis la pluie et le beau temps à Boma, et de relancer la production. Car, la situation que traverse la Congolaise des voies maritimes n’est pas du tout bonne. Cette importante unité de production ayant le monopole de dragage du bief maritime congolais, est en effet confrontée à d’énormes dettes sociales qui constituent un véritable goulot d’étranglement quant à son fonctionnement normal. A cela s’ajoutent les arriérés de plusieurs mois de salaires de l’ensemble du personnel, et la défectuosité de l’outil de production dont le renouvellement s’impose.
Ces problèmes sont tels que la CVM est dans l’incapacité de payer les décomptes finaux de ses nombreux agents retraités qui continuent à bénéficier de leurs salaires mensuels. Pendant ce temps, ces retraités sont déjà remplacés par de jeunes salariés qui ne se disent pas rassurés de leur avenir au regard de la situation qui prévaut dans cet établissement public.
Des espoirs déçus
L’arrivée de Jeanne Blandine Kawanda était pourtant vivement saluée par l’ensemble du personnel. Les agents et cadres considéraient que sa nomination à la tête de la CVM allait apporter une lueur d’espoir dans la mesure où ayant vécu longtemps en Europe, elle pouvait utiliser ses relations afin d’obtenir des financements pour remettre en selle une entreprise au bas de l’échelle.
Pour rassurer le personnel à Boma et Kinshasa, la DG Kawanda avait même laissé entendre que le miracle est possible. C’est ainsi qu’elle sera chaleureusement accueillie à Boma, siège de l’entreprise. Un accueil digne de ce nom lui sera organisé par le Directeur administratif qui, selon des sources fiables, est son ancien ami de Belgique.
Mais, sans attendre, la DG va vite se servir de plus de 2.000.000 de dollars US logés à la Sofibanque dans les comptes arriérés RDNA pour payer les frais d’installation de nouveaux membres du comité de gestion et du conseil d’administration. Pourtant, la DGDA lui avait payé, apprend-on, les indemnités de sortie de plus de 600.000 USD. Pour le personnel impayé depuis de nombreux mois, il s’agit là d’un détournement de fonds. Après les frais d’installation, la Directrice générale va tripler les salaires des membres du comité de gestion. L’on signale qu’elle s’est payée plus de 98.000 USD comme salaires de juin et juillet 2023. Le Directeur général adjoint a obtenu, quant à lui, plus de 88.000 USD et un montant de l’ordre de 90.000 dollars US pour le PCA. Tandis que chaque administrateur s’est vu gratifier de plus ou moins 35.000 USD. L’on indique que cette augmentation de salaire est passée de 9.000 USD pour le comité sortant à 45.000 USD pour le comité actuel. Sans compter d’autres avantages liés aux mandataires: logement, cartes de communication, ce qui avoisinerait la somme mensuelle de 53000 USD rien que pour la DG.
Très maligne, la Directrice générale évite tout bruit autour de cette megestion. C’est ainsi qu’elle va payer un montant de 10.000 USD à tous les directeurs en fonction. Tandis que les pauvres agents qui lui avaient réservé un accueil chaleureux vont attendre la liste établie par son ami de Belgique, l’actuel Directeur administratif.
Pour les agents, ces fonds pouvaient servir au paiement de deux mois des arriérés de salaire sur les 29 mois enregistrés à ce jour.
Des agents totalement oubliés
A titre d’exemple, l’on fait savoir qu’un agent classifié à la CVM touche un maigre salaire de 300 USD, tout comme il est obligé de rester sur place, pendant que son collègue basé à Kinshasa touche 9000 USD de frais de mission à raison de 300$/jour. Donc, un agent classifié qui gagne 300 USD le mois doit travailler 240 mois ou 20 ans pour atteindre le salaire mensuel de la DG Jeanne Blandine.
Face à ces vérités, le personnel de la CVM se pose la question de savoir si la conscience de cette dame est tranquille lorsqu’elle prône l’amour de la patrie, alors qu’elle engage la fille de son amant Nora qui n’est qu’une simple dactylographe de formation agent à la DGDA engagée à la CVM au grade de sous-Directeur. Cette dernière ne vient au bureau qu’une ou deux fois le mois, pour toucher un salaire de 2200$+ 1000$ de prime spéciale mensuelle + 300$ de carte de communication chaque mois sans compter les per diem. Soit un total de 3500 USD. Cette DG pille l’entreprise, terrorise tous les Directeurs, aucun respect, et traite avec dédain les agents du Directeur au classifié. Elle n’a aucun respect envers le personnel alors que la CVM a connu des DG plus compétents et autoritaires, à l’instar de Bukasa, Ngole Iliki mais qui n’étaient pas animés d’un excès.
Mobilisation totale des agents
Depuis quelques semaines, les agents réclament le paiement de la paie d’avril 2016 qu’elle avait promise au lieu de crédits qu’elle propose. Face à cette situation, les agents se mobilisent non seulement pour obtenir le paiement de leurs nombreux arriérés de salaires, mais aussi et surtout pour que la gestion de la Directrice générale Jeanne Blandine Kawanda soit auditée par l’Inspection générale des finances.
La Transparence


