Le gouvernement de la République démocratique du Congo engage une double réforme stratégique de ses ressources humaines dans le secteur éducatif. Cette initiative conjugue le départ à la retraite de milliers d’agents et l’intégration de nouveaux enseignants sur la liste de paie de l’État.
Une mise à la retraite massive et planifiée
Dès 2026, 43 000 enseignants du secteur public amorceront un processus de départ progressif à la retraite. Cette opération, étalée sur deux ans (2026-2027), prévoit le versement d’indemnités de sortie financées via le collectif budgétaire.
L’annonce a été faite par le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, lors d’un panel sur la pérennité financière de la gratuité de l’enseignement primaire, organisé dans le cadre du Partenariat mondial pour l’éducation. « Nous avons programmé les indemnités de sortie pour ces 43 000 enseignants dès 2026, avec une poursuite de l’effort en 2027 », a-t-il précisé.
Régularisation et renforcement des effectifs
Parallèlement, l’exécutif prévoit de régulariser la situation de 3 000 enseignants jusque-là non rémunérés. Leur intégration dans la masse salariale de l’État est fixée pour le mois d’avril 2026.
Selon le Vice-Premier ministre, cette mesure est rendue possible par l’augmentation des recettes de l’État : « Le collectif budgétaire que je présenterai au Parlement en mai repose sur 16 milliards de dollars de ressources propres. Ce budget permettra notamment la prise en charge de ces 3 000 enseignants supplémentaires. »
Un double enjeu : rationalisation et justice sociale
Cette réforme s’inscrit dans le cadre du financement de la gratuité de l’enseignement primaire, lancée en 2019. L’objectif est double :
Rationaliser la masse salariale en libérant les postes des agents ayant atteint l’âge de la retraite.
Corriger les disparités du système en offrant un salaire décent aux enseignants « Nouvelles Unités » (NU) restés trop longtemps sans rémunération.
JBK


