À Mbuji-Mayi, l’avenue de la Cathédrale — asphaltée il y a à peine un an — se métamorphose déjà en un dangereux piège. Fissures béantes, affaissements et nids-de-poule colonisent le virage Pakam, à deux pas de l’École Le Palmier. Ce spectacle désolant signe l’échec cuisant d’un chantier censé garantir la mobilité urbaine.
Derrière ce fiasco précoce, trois coupables sont pointés du doigt : l’entreprise Safrimex, le maître d’ouvrage délégué OVD (Direction provinciale du Kasaï-Oriental) et le BTC, garant du contrôle technique. Leur mutisme face à ce désastre est une insulte aux contribuables, dont l’argent semble avoir été englouti dans le bitume de mauvaise qualité.
Les questions sont brutales et légitimes : comment une infrastructure financée par le Trésor public peut-elle s’effondrer en moins de douze mois ? Où étaient les ingénieurs de l’OVD ? Que surveillait le BTC ? Pourquoi Safrimex livre-t-elle un ouvrage aussi fragile en toute impunité ?
Ce tronçon n’est plus une simple route qui s’effrite : il est le symptôme d’une gouvernance défaillante, d’un système où l’on exécute sans rigueur et où les organes de contrôle ferment les yeux.
La dégradation accélérée de l’avenue de la Cathédrale n’est pas un simple défaut technique, c’est le reflet d’une impunité systémique. L’OVD, le BTC et Safrimex portent une responsabilité directe dans ce naufrage. Tant que ces structures ne rendront pas de comptes et ne seront pas sanctionnées, les routes continueront de s’évaporer sous la pluie, entraînant avec elles le peu de confiance qui reste entre les citoyens et l’État.
JBK


