La flatterie : le moteur de l’opportunisme politique en RDC

La flatterie : le moteur de l’opportunisme politique en RDC

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La déclaration de Willy Bakonga, ancien ministre de l’Éducation, selon laquelle il donnerait « cinq ans de sa vie » au président Félix Tshisekedi, a fait grand bruit. Présentée comme un acte de dévotion, cette hyperbole révèle surtout une pratique récurrente dans la classe politique congolaise : la flatterie comme instrument de survie et de repositionnement.

‎En politique, les mots ne sont jamais neutres. En offrant symboliquement une partie de sa vie au chef de l’État, Bakonga ne cherche pas seulement à exprimer son soutien : il performe une loyauté absolue, destinée à séduire le pouvoir et à galvaniser les partisans d’un troisième mandat. La flatterie devient ici un langage codé, une manière de se distinguer dans la compétition des courtisans.

‎Ce geste prend une dimension particulière lorsqu’on se souvient que, sous Joseph Kabila, Bakonga figurait parmi les ministres qui juraient fidélité éternelle à l’ancien président. Aujourd’hui, il se présente comme l’un des plus fervents défenseurs de Tshisekedi. Ce basculement illustre une constante : les alliances politiques en RDC se recomposent au gré des rapports de force, et la flatterie sert de passeport pour rester dans le cercle du pouvoir.

‎Dans un système où l’accès aux ressources et aux postes dépend largement de la proximité avec le président, la flatterie n’est pas un simple excès verbal : c’est une stratégie. Elle permet de capter l’attention du leader, de se repositionner et de signaler sa disponibilité à servir. Mais elle affaiblit la crédibilité des acteurs, qui apparaissent davantage comme des courtisans que comme des serviteurs de l’intérêt général.

‎Le cas Bakonga n’est pas isolé. Il révèle une culture politique où l’exagération et la dévotion publique remplacent le débat de fond et la constance des convictions. Cette classe politique de flatteurs fragilise la démocratie congolaise, car elle détourne l’attention des citoyens des enjeux institutionnels vers des spectacles de loyauté. La flatterie devient un écran de fumée qui masque l’absence de projet structuré et de vision collective.

‎La déclaration de Willy Bakonga n’est pas seulement une anecdote : elle est le symptôme d’une classe politique qui préfère l’excès de louanges à la rigueur des idées. Dans une République qui aspire à la transparence et à l’alternance, la flatterie comme mode de gouvernance est un poison. Elle entretient l’opportunisme, affaiblit la crédibilité des institutions et empêche l’émergence d’une culture démocratique fondée sur la responsabilité et la constance.

‎Merveille Maleya

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