Dans sa communication, Kinshasa rappelle que la mine de Rubaya située dans le territoire de Masisi est classée « zone rouge », entraînant de facto l’interdiction formelle de toute activité d’extraction, de transformation et de commercialisation des minerais. Mais l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda continue d’exploiter cette mine. Pour le gouvernement, « ces activités s’inscrivent dans un système organisé et durable d’exploitation illégale des ressources naturelles de la République Démocratique du Congo, mis en place par la coalition AFC/M23 soutenue par le Rwanda afin d’alimenter une économie de guerre. »
Le gouvernement note que « la répétition de ces événements tragiques met une nouvelle fois en évidence les risques extrêmes auxquels sont exposées les populations civiles dans cette zone minière, notamment les creuseurs artisanaux et les enfants, forcés de travailler dans des galeries instables et non sécurisées ».
Par ailleurs, Kinshasa rassure qu’il poursuivra ses efforts visant à rétablir l’intégrité territoriale du pays, « condition indispensable pour mettre fin à l’exploitation illégale et dangereuse des ressources naturelles et garantir un encadrement légal et sécurisé des activités minières ».
Un nouvel éboulement de terre s’est produit samedi 7 mars 2026 dans la mine de Rubaya, précisément dans le site d’exploitation artisanale de Gakombe, dans le territoire de Masisi. Le bilan de ce nouveau drame reste encore incertain au regard de l’inaccessibilité du site par des sources indépendantes et gouvernementales. Cette mine de coltan est sous occupation des rebelles de l’AFC/M23 depuis environ une année. Le 28 janvier dernier, un premier éboulement avait coûté la vie à plus de 200 creuseurs artisanaux. Quelques semaines plus tard, le 3 mars, un autre glissement de terrain avait déjà fait des centaines de morts dans la même zone.
Sans contrôle de l’Etat congolais, ces creuseurs artisanaux sont livrés à eux-mêmes, sans sécurité, ni encadrement. La mine de Rubaya produit à elle seule entre 20% et plus de 30% du coltan utilisé au monde. Depuis l’enchainement des éboulements de terre, le nombre de victimes pourrait avoisiner le millier.
Dido Nsapu


