La mise en place d’un tribunal pénal économique et financier, accompagné d’un parquet national spécialisé, est perçue comme une avancée majeure dans la lutte contre la criminalité en col blanc. Pour Maître Carlos Ngwapitshi, cette initiative traduit une volonté politique claire de s’attaquer aux délits économiques et financiers qui fragilisent l’État congolais et minent la confiance des citoyens.
Toutefois, l’avocat prévient: tant que les suspects continueront de bénéficier des immunités et privilèges juridictionnels, cette réforme risque de rester un « mort-né ». Selon lui, il est impératif de rendre ces protections inopérantes dans les affaires de criminalité des élites, afin que la justice puisse agir sans entraves.
Maître Carlos plaide également pour des mécanismes plus incisifs :
– La confiscation générale des biens acquis par le crime, afin de priver les auteurs de tout bénéfice.
– La reconnaissance de la médiation pénale comme mode alternatif, permettant de restaurer plus rapidement les droits de l’État et de récupérer les fonds détournés.
Les objectifs sont clairs: rétablir l’État congolais dans ses droits en cas de détournement des deniers publics, blanchiment d’argent, corruption ou financement du terrorisme, et dépouiller les criminels de leur patrimoine illicite. Pour Maître Carlos, seule une justice ferme et cohérente peut redonner confiance aux citoyens et renforcer la crédibilité des institutions.
La création d’un tribunal économique et financier est une avancée indéniable. Mais son efficacité dépendra de la capacité des autorités à dépasser les blocages liés aux immunités et à appliquer sans concession les mesures de confiscation et de médiation. Comme le souligne Maître Carlos Ngwapitshi, « sans une volonté réelle de briser l’impunité des élites, cette réforme risque de rester une promesse sans lendemain».
JBK


