La prison centrale de Makala est en état d’alerte. Par une circulaire datée du 14 février, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a ordonné la suspension immédiate de toute nouvelle admission et la limitation stricte des visites. Cette mesure exceptionnelle intervient après la confirmation de plusieurs cas de choléra dans l’établissement pénitentiaire le plus important du pays.
Selon l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), cinq détenus ont perdu la vie. Sur dix-sept prélèvements analysés, treize se sont révélés positifs, dont quatre patients désormais rétablis. Quinze nouveaux cas suspects ont été identifiés le 13 février, laissant craindre une propagation rapide dans une prison où la surpopulation reste un défi majeur.
Le gouvernement a annoncé un plan de riposte comprenant la mise à disposition de médicaments essentiels, l’approvisionnement en produits de désinfection et le déploiement de matériels médicaux adaptés. Les services pénitentiaires sont tenus de faciliter l’intervention des équipes médicales et de collaborer étroitement avec le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.
La circulaire impose également la transmission d’un rapport journalier détaillant l’évolution des cas, les mesures appliquées et les besoins urgents. Ce suivi devra se poursuivre jusqu’à la maîtrise complète de la situation.
La crise sanitaire à Makala révèle une fois de plus les fragilités du système carcéral congolais. La surpopulation et le manque d’infrastructures favorisent la propagation des maladies, transformant chaque épidémie en menace majeure. La transparence des rapports quotidiens et la mobilisation interinstitutionnelle seront décisives pour éviter une catastrophe plus large.
Merveille Maleya


