SOKIMO : le DG Pistis Bonongo et le caucus des députés du Haut-Uélé s’unissent pour sauver la société

SOKIMO : le DG Pistis Bonongo et le caucus des députés du Haut-Uélé s’unissent pour sauver la société

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Ce 12 février 2026, la Société Minière de Kilo-Moto (SOKIMO) a accueilli au siège de sa Direction Générale une délégation du caucus des députés nationaux élus du Haut-Uele. Cette mission parlementaire s’inscrit dans le cadre du contrôle institutionnel et de la représentation du peuple, avec pour objectif d’évaluer la situation de cette entreprise publique stratégique et d’échanger sur les perspectives de sa relance.

Le Directeur Général, Pistis Bonongo Tokole, entouré de son adjoint Joseph Makanda, a reçu les élus dans un climat de transparence et de dialogue. L’accueil, marqué par une volonté de collaboration institutionnelle, a ouvert la voie à des échanges francs sur les défis et les opportunités de la société.

Une entreprise fragilisée par des défis multiples

La SOKIMO, fleuron historique du secteur minier congolais, traverse une période critique. Dans son exposé, la Direction Générale a dressé un état des lieux préoccupant :

– Occupation illégale de plusieurs sites miniers par des exploitants étrangers, notamment chinois, privant l’entreprise et l’État de revenus considérables.
– Pression fiscale jugée excessive, qui réduit la marge de manœuvre financière.
– Déséquilibre structurel des finances, aggravé par des dettes accumulées.
– Séquelles sécuritaires héritées des crises dans l’ex-Province Orientale, qui continuent de fragiliser l’environnement économique.

Ces contraintes, selon la Direction, compromettent la souveraineté économique et menacent la survie même de l’entreprise.

Un plan de relance en sept axes

Face à ces défis, la Direction a présenté une feuille de route ambitieuse. Le Plan de relance repose sur sept axes stratégiques : assainissement financier, rationalisation du capital humain, amélioration de la gouvernance interne, révision des partenariats, certification des titres miniers, relance progressive de la production d’or et renforcement de l’impact social.

Ce plan, a insisté le Directeur Général, se veut réaliste et conforme au Code minier ainsi qu’aux orientations stratégiques du Gouvernement. Il vise à redonner à la SOKIMO son rôle de moteur économique et social dans le Haut-Uele.

Une équation financière délicate

La situation financière de la SOKIMO illustre les tensions auxquelles font face les entreprises publiques. Bien que détentrice de 10 % de participation dans Kibali Gold Mine, l’entreprise ne conserve en réalité qu’environ 32 % de ses dividendes après diverses retenues fiscales et contractuelles.

Ces ressources limitées doivent couvrir salaires, charges de fonctionnement, dettes fiscales et obligations sociales. La Direction a également rappelé que l’État congolais reste redevable envers l’entreprise d’une dette estimée à 71 millions USD, plaidant pour un mécanisme de compensation afin d’alléger la pression fiscale et de redonner une bouffée d’oxygène à la société.

Les préoccupations des élus

Les députés ont profité de cette mission pour insister sur trois axes prioritaires :

– Développement communautaire : la SOKIMO doit investir dans les infrastructures de base, la santé et l’éducation, conformément à ses obligations sociétales.
– Impact environnemental : les élus ont rappelé l’importance de respecter les normes environnementales et de réduire l’empreinte écologique des activités minières.
– Emploi local et climat social : malgré les contraintes financières, la société doit continuer à promouvoir la main-d’œuvre locale et préserver la stabilité interne par le dialogue social.

Engagement parlementaire

À l’issue des échanges, les députés ont exprimé leur satisfaction quant à la clarté des informations fournies et à la cohérence du Plan de relance. Ils ont pris l’engagement de :

– Plaider pour la récupération des sites miniers illégalement occupés.
– Examiner la question des retenues à la source et des compensations financières.
– Accompagner institutionnellement la relance de la SOKIMO.

Pour eux, la revitalisation de cette entreprise est un impératif stratégique : restaurer la confiance économique dans le Haut-Uele, créer des emplois durables, renforcer l’autorité de l’État et réduire les vulnérabilités sociales susceptibles d’alimenter l’instabilité.

La visite parlementaire du 12 février 2026 marque une étape importante dans le dialogue institutionnel autour de la SOKIMO. Plus qu’une simple mission de contrôle, elle traduit une volonté politique de redonner vie à une entreprise publique dont le rôle dépasse le seul secteur minier.

La relance de la SOKIMO apparaît désormais comme une priorité économique, sociale et sécuritaire pour le Haut-Uele et l’ensemble du Grand Orientale. Elle requiert un engagement fort de l’État et de ses partenaires afin de garantir une contribution durable au développement national.

JBK

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