La matinée du mardi 10 février a été marquée par de vives tensions dans le quartier Pakadjuma, commune de Limete, à Kinshasa. Après plusieurs heures de paralysie, la circulation a finalement repris sur l’avenue Poids-Lourds, l’un des principaux axes routiers de la capitale.
Si les véhicules et motos ont recommencé à circuler, l’atmosphère demeure lourde. Les habitants, encore sous le choc, observent les forces de l’ordre avec méfiance. Des camions « kabassele » du Groupe Mobile d’Intervention (GMI) de la Police nationale congolaise, ainsi que des jeeps de la 14ᵉ région militaire, sont déployés pour sécuriser la zone. Aux différentes entrées menant vers Pakadjuma, des policiers filtrent les passages afin de prévenir tout débordement.
Sur le boulevard, les stigmates de la confrontation restent visibles : pneus brûlés, fumée persistante et chaussée souillée. Ces images traduisent la colère des riverains, qui ont exprimé leur désaccord face aux décisions des autorités.
À l’origine de cette crise, la démolition par l’Hôtel de Ville de plusieurs constructions jugées anarchiques. Une mesure que les habitants dénoncent comme brutale et injuste, faute d’alternatives proposées aux familles concernées. Pour beaucoup, cette opération illustre une gestion autoritaire de l’espace urbain, sans prise en compte des réalités sociales.
Alors que la circulation reprend timidement, la tension reste palpable. Les habitants et les forces de sécurité se regardent encore en chiens de faïence, signe que la crise n’est pas totalement résolue. La situation à Pakadjuma rappelle les défis récurrents de la gouvernance urbaine à Kinshasa, où la régulation des constructions se heurte souvent aux besoins vitaux des populations.
Merveille Maleya


