Le gouvernement congolais veut tourner la page des infrastructures précaires et désarticulées. Du 28 au 30 janvier, une conférence nationale inédite réunira à Kinshasa quelque 500 participants issus des sphères publique, privée, académique et des partenaires techniques et financiers. Objectif : jeter les bases d’un système d’infrastructures plus moderne, plus durable et mieux coordonné.
L’annonce a été faite vendredi lors du 75ᵉ Conseil des ministres. Selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, cette initiative s’inscrit dans la vision présidentielle de modernisation du pays et vise à repositionner le ministère des Infrastructures et Travaux publics (ITP) comme véritable chef d’orchestre du secteur.
Le thème choisi — « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif pour les ITP en RDC » — donne le ton. Il s’agit de rompre avec les pratiques de gestion fragmentée, les chantiers inachevés et l’absence de normes techniques claires. La conférence entend aligner les politiques publiques sur les priorités nationales, tout en renforçant l’attractivité du secteur pour les investisseurs.
Trois livrables majeurs sont annoncés à l’issue des travaux :
– Une feuille de route opérationnelle 2026-2030, définissant les priorités et les étapes de mise en œuvre ;
– Une Déclaration de Kinshasa, qui servira de socle politique aux réformes à venir ;
– Un mécanisme de suivi multi-acteurs, assorti d’indicateurs de performance pour garantir la redevabilité.
Innovation technologique, partenariats public-privé, développement des compétences locales : autant de leviers que le gouvernement entend activer pour sortir le secteur de l’ornière.
Dès le mois de février, un atelier de lancement de la Commission nationale sectorielle est prévu. Cette instance aura pour mission d’élaborer les normes nationales de construction, un chantier crucial pour professionnaliser le secteur et garantir la qualité des ouvrages publics.
Dans un pays où les routes s’effondrent plus vite qu’elles ne se construisent, où les ponts manquent plus que les discours, cette conférence est attendue comme un test de volonté politique. Les précédents forums ont souvent accouché de promesses sans lendemain. Cette fois, les attentes sont claires : des résultats visibles, mesurables, durables.
Merveille Maleya


