Une marée humaine a envahi les abords de la RN5 ce vendredi matin pour accueillir le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, de retour à Uvira après plusieurs mois d’instabilité sécuritaire. Escorté depuis la frontière de Kavimvira par une délégation officielle, le chef de l’exécutif provincial a été reçu avec les honneurs militaires, dans une ville encore marquée par les stigmates de l’occupation rebelle.
Ce déplacement, le premier depuis la reprise de la cité par les forces loyalistes, revêt une portée hautement symbolique. Il consacre le rétablissement de l’autorité de l’État dans une zone longtemps sous tension, où les rebelles du M23/AFC, appuyés par des éléments de l’armée rwandaise, avaient imposé leur loi avant d’être contraints à la retraite.
Tout au long de son parcours, le gouverneur a été salué par une population en liesse, brandissant des pagnes, entonnant des chants et scandant des slogans à la gloire de celui qu’elle surnomme “Magufuli”, en référence à son style direct et à sa proximité avec les citoyens.
Dans ses prises de parole, Jean-Jacques Purusi a appelé à la paix, à la cohésion sociale et au vivre-ensemble entre toutes les communautés d’Uvira. Il a notamment rencontré des représentants de la communauté Banyamulenge, à qui il a réaffirmé leur droit à la sécurité et à l’intégration pleine et entière dans leur territoire.
« Aucun Congolais ne doit se sentir étranger chez lui », a-t-il déclaré, en écho à la vision du président Félix Tshisekedi, qui prône l’unité nationale et la résistance à toute forme de division.
Face aux destructions causées par les groupes armés – notamment la disparition d’archives administratives et le pillage d’infrastructures publiques – le gouverneur a promis une remise en service rapide des institutions. Il a annoncé la réouverture prochaine des juridictions locales et la poursuite judiciaire des auteurs de crimes et de pillages.
« Les services publics seront rétablis, et la justice passera. Aucun fauteur de troubles ne sera épargné », a-t-il martelé devant la presse locale.
Le gouverneur a également rassuré les familles sinistrées, promettant la reprise des chantiers interrompus, notamment la réhabilitation de la route principale dont le revêtement avait été arraché par les rebelles.
La journée s’est conclue par un Conseil de sécurité provincial élargi, réunissant les autorités civiles, militaires et les partenaires locaux. Objectif : consolider les acquis sécuritaires et planifier les prochaines étapes de la stabilisation durable de la ville.
Avec cette retour, Uvira tourne une page douloureuse et amorce une nouvelle phase, placée sous le signe de la reconstruction, de la justice et de la réconciliation.
Merveille Maleya


