Uvira : L’État reprend le contrôle, mais la vigilance reste de mise

Uvira : L’État reprend le contrôle, mais la vigilance reste de mise

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C’est dans un climat de tension persistante que la Première ministre Judith Suminwa a convoqué, lundi dernier à Kinshasa, une réunion d’urgence consacrée à la situation sécuritaire d’Uvira, dans le Sud-Kivu. Autour d’elle, plusieurs membres du gouvernement, dont les ministres de la Défense, des Finances, de la Formation professionnelle et de la Communication, ont dressé un état des lieux préoccupant de cette ville frontalière, récemment secouée par l’occupation du groupe armé AFC/M23.

À l’issue de cette réunion, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a confirmé la reprise d’Uvira par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Mais derrière cette annonce, les autorités reconnaissent que la situation reste instable. « L’armée a déjà pris pied à Uvira, mais la ville demeure infiltrée. Il est encore prématuré de parler d’un retour complet à la normale », a-t-il déclaré devant la presse.

Le gouvernement redoute notamment la présence résiduelle de combattants du M23 et de leurs alliés rwandais dans les environs immédiats de la ville. Un périmètre de sécurité est en cours d’établissement pour prévenir toute nouvelle incursion. « La restauration de l’autorité de l’État ne se décrète pas, elle se construit. Elle suppose le retour effectif des autorités civiles, des services publics et des mécanismes de contrôle aux frontières », a insisté Muyaya.

Parmi les priorités évoquées : le retour des populations déplacées, notamment les quelque 260 000 Congolais réfugiés au Burundi et en Tanzanie. Mais là encore, le gouvernement temporise. « Il faut s’assurer que les conditions minimales de sécurité et de dignité sont réunies. Certaines maisons ont été détruites ou occupées. Il serait irresponsable de précipiter leur retour sans garanties », a souligné le ministre de la Communication.

Les ministères de l’Intérieur, des Affaires sociales et la Direction générale des migrations (DGM) ont été mobilisés pour évaluer les conditions de réintégration. Des équipes d’experts sont attendues sur le terrain dans les prochains jours.

Autre sujet de préoccupation : les tensions intercommunautaires exacerbées par les discours stigmatisants, notamment à l’encontre des Banyamulenge. Le gouvernement appelle à la retenue et à la responsabilité. « Nous connaissons les stratégies de division. Il est impératif de ne pas tomber dans le piège de la haine instrumentalisée », a averti Muyaya.

Dimanche déjà, des éléments des FARDC et des groupes d’autodéfense Wazalendo avaient été aperçus dans la ville, prélude à la reprise officielle annoncée lundi. Mais sur le terrain, la prudence reste de mise. La reconquête militaire n’est qu’une étape. La reconstruction de la confiance, elle, prendra du temps.

Merveille Maleya

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