Le capitaine Antony Mwalushayi, porte-parole des opérations militaires Gemba dans l’ouest de la République démocratique du Congo, a été rappelé en urgence à Kinshasa, dans un contexte de crispation sécuritaire et politique. Ce rappel intervient quelques jours seulement après des déclarations publiques dans lesquelles l’officier mettait en cause, de manière inhabituelle, des figures proches du pouvoir dans la crise qui secoue les provinces du Kwango, du Kwilu et du Mai-Ndombe.
Dans ses prises de parole, le capitaine Mwalushayi avait affirmé que la milice Mobondo bénéficiait de soutiens au sein même de l’appareil politique national. Il avait également estimé que ce groupe armé ne relevait plus d’un simple conflit communautaire, mais qu’il s’agissait désormais d’une rébellion structurée, dotée d’une organisation militaire et de relais bien au-delà du cadre local.
Ces propos, tenus à contre-courant de la communication officielle des FARDC, ont rapidement suscité des remous dans les cercles sécuritaires. Plusieurs sources évoquent une mesure disciplinaire, bien que l’état-major n’ait, à ce stade, fourni aucune explication publique sur les raisons de ce rappel ni sur le sort réservé à l’officier.
Le rappel du capitaine Mwalushayi soulève des interrogations sur la liberté de parole au sein de l’armée et sur la gestion politique d’un conflit dont les ramifications semblent désormais dépasser le cadre sécuritaire. En filigrane, une question demeure : que risque-t-on lorsqu’on dit tout haut ce que d’autres murmurent tout bas ?
Merveille Maleya


