Alors que le taux de change du dollar américain poursuit sa baisse, atteignant environ 2 250 francs congolais, les prix dans plusieurs supermarchés de la capitale repartent à la hausse. Une contradiction flagrante qui alimente la colère des consommateurs, pris en étau entre discours officiels rassurants et réalité des étiquettes.
Le cas du supermarché New Lys illustre cette dérive. En quelques semaines, des produits de consommation courante ont vu leurs prix bondir sans explication. Le boudin Alail, par exemple, est passé de 8 000 FC à 10 500 FC, alors qu’il avait déjà été ajusté à la baisse après la stabilisation du taux de change. Le pain, denrée essentielle, suit la même trajectoire inflationniste, tout comme de nombreux articles de première nécessité.
Cette hausse généralisée intervient à contre-courant des indicateurs économiques. En principe, la baisse du dollar devrait entraîner une diminution des prix à l’importation. Pourtant, les consommateurs constatent l’inverse : une flambée silencieuse, insidieuse, qui échappe à tout contrôle.
Certains évoquent l’effet saisonnier des fêtes, période propice à une hausse de la demande. Mais cette justification ne tient pas face à l’ampleur des écarts. Ce qui se joue ici, c’est une forme de spéculation opportuniste, rendue possible par l’absence de régulation effective.
Face à cette situation, le silence des autorités est préoccupant. Où sont les inspections économiques promises ? Où est l’Observatoire congolais des prix ? L’inaction actuelle laisse le champ libre à des pratiques abusives, au détriment du pouvoir d’achat des ménages.
Il est temps que le gouvernement rompe avec l’indifférence. Les citoyens ont le droit de comprendre pourquoi les prix flambent alors que la monnaie nationale se renforce. Ils ont le droit d’être protégés contre les abus. Et surtout, ils ont le droit de vivre dignement.
Ce n’est pas une question technique. C’est une question de justice.
JBK


