CAN 2025 : L’État paiera-t-il aussi les snacks au stade pour les autorités congolaises?

CAN 2025 : L’État paiera-t-il aussi les snacks au stade pour les autorités congolaises?

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Alors que la République démocratique du Congo affronte une guerre d’usure à l’Est, une partie de sa classe dirigeante rêve de gradins, de projecteurs… et de billets d’avion payés par l’État.

Il y a des moments dans l’histoire d’un pays où la décence devrait dicter la conduite de ses dirigeants. Des moments où la gravité de la situation impose silence, discipline et responsabilité. La RDC traverse l’un de ces moments. Et pourtant, une partie de sa classe politique semble déterminée à faire exactement l’inverse.

Selon plusieurs sources concordantes, des dizaines de députés provinciaux, nationaux, sénateurs — et même des membres de la Présidence — préparent un déplacement au Maroc pour assister à la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Ce qui choque n’est pas tant le projet en lui-même, mais l’exigence : que ce voyage soit financé par le ministère des Sports. Autrement dit, par les deniers publics. En pleine guerre. En pleine austérité.

Comment, dans un pays où les sirènes de l’urgence humanitaire retentissent chaque jour, peut-on formuler une telle requête ? Ce n’est pas une maladresse. C’est un aveu. Celui d’un pouvoir qui, pour une partie de ses représentants, vit en apesanteur, loin des réalités du terrain. C’est une gifle symbolique à des millions de Congolais déplacés, endeuillés, appauvris.

Ce déplacement n’a rien d’une mission d’État. Il n’est ni stratégique, ni diplomatique, ni utile à la nation. Il s’apparente à une opération de tourisme politique, maquillée sous les oripeaux du patriotisme sportif. Et le fait même d’envisager de le faire financer par les caisses publiques, dans un tel contexte, relève d’un cynisme institutionnalisé.

La RDC mène une guerre asymétrique qui exige des ressources, de la cohésion, et une rigueur budgétaire sans faille. Chaque franc public devrait être sanctuarisé. Chaque dépense, justifiée. Dans ce contexte, financer un voyage de supporters institutionnels n’est pas seulement indéfendable : c’est une faute morale.

Ce n’est pas un simple excès. C’est un révélateur. Celui d’un système où les privilèges persistent, même quand la nation vacille. Celui d’une culture politique où l’intérêt général est relégué derrière les convenances personnelles. Celui d’un pouvoir qui, face à l’urgence, choisit l’évasion plutôt que la responsabilité.

Il ne s’agit pas d’interdire aux élus d’aimer le football. Il s’agit de leur rappeler qu’en temps de crise, la dignité commence par l’exemplarité. Et que le peuple n’oubliera pas ceux qui, au lieu de défendre la République, ont préféré s’offrir un spectacle.

LT

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