Gecoco Mulumba vs Daniel Bumba : Quand huit jours défient des mois d’inaction

Gecoco Mulumba vs Daniel Bumba : Quand huit jours défient des mois d’inaction

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En huit jours, une ville peut-elle changer de visage ? La question, provocante en apparence, est au cœur d’un débat qui enflamme les réseaux sociaux congolais. Deux noms cristallisent les passions : Gecoco Mulumba et Daniel Bumba. L’un, ancien gouverneur intérimaire de Kinshasa, l’autre, titulaire du poste. Mais au-delà des personnes, c’est une certaine idée de la gouvernance urbaine qui est en jeu.

En mars 2023, Gecoco Mulumba hérite de la gestion de Kinshasa pour une période transitoire. Huit jours seulement. Une parenthèse, pensent certains. Une démonstration, rétorquent d’autres. En un temps record, plusieurs artères de la capitale sont nettoyées, des ronds-points emblématiques comme Huileries ou Gambela sont réhabilités, des espaces publics transformés en lieux de détente. Les images font le tour des réseaux sociaux. Kinshasa, l’espace d’une semaine, semble respirer.

Ce sursaut, bien que bref, a laissé une empreinte. Il a surtout révélé une vérité simple : avec un minimum de volonté politique, des résultats concrets sont possibles, même dans un environnement institutionnel complexe.

Quelques mois plus tard, Daniel Bumba prend les rênes de la ville. L’attente est immense. Les promesses sont nombreuses : réhabilitation de routes, amélioration de la salubrité, modernisation des services urbains. Mais sur le terrain, le contraste est saisissant. Les espaces réhabilités sous Gecoco sombrent à nouveau dans l’abandon. Les ronds-points jadis assainis redeviennent des dépotoirs. L’entretien de base fait défaut. Et les projets propres à l’actuel gouverneur peinent à émerger.

Certes, la majorité des grands chantiers routiers relèvent du gouvernement central. Mais cette réalité ne saurait justifier l’inaction locale. Car gouverner, ce n’est pas seulement inaugurer des routes financées par le PDL-145T. C’est aussi entretenir, coordonner, impulser, rendre compte.

Ce qui frappe dans cette polémique, c’est la maturité croissante de l’opinion publique. Les Kinois ne se contentent plus de discours. Ils comparent, documentent, archivent. Ils opposent les faits aux slogans, les résultats aux promesses. Et ils exigent des comptes.

Cette évolution est salutaire. Elle traduit une transition vers une culture de la redevabilité. Elle rappelle aux dirigeants que la légitimité ne se décrète pas : elle se construit, jour après jour, dans la cohérence des actes et la constance des engagements.

Réduire cette controverse à une querelle de personnes serait une erreur. Ce qui se joue ici, c’est la capacité de Kinshasa à sortir du cycle infernal des gestions éphémères, des effets d’annonce sans lendemain, et des clientélismes stériles. C’est la possibilité, enfin, de penser la ville comme un bien commun, et non comme un butin de guerre politique.

Kinshasa n’a pas besoin de fan-clubs. Elle a besoin de vision, de rigueur, de continuité. Elle a besoin de dirigeants capables de faire mieux que leurs prédécesseurs, pas de les effacer. Car une ville ne se construit pas à coups de rivalités, mais par l’accumulation patiente des efforts.

Reconnaître ce qui a été bien fait n’est pas un acte de loyauté partisane. C’est un devoir de lucidité. Et refuser de voir l’échec, c’est s’en rendre complice. Kinshasa mérite mieux que des débats stériles. Elle mérite une gouvernance à la hauteur de ses défis. Et surtout, elle mérite qu’on cesse de confondre pouvoir et service public.

Merveille Maleya

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