Kinshasa – Contrôle technique : Quand l’invivabilité de l’environnement prive le gouvernorat de son « fait générateur »

Kinshasa – Contrôle technique : Quand l’invivabilité de l’environnement prive le gouvernorat de son « fait générateur »

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■ Révélation d’une double opération : contrôle technique et permis de conduire

L’opération combinée de contrôle technique et de vérification des permis de conduire, lancée mercredi 19 novembre 2025, a donné lieu à une révélation interpellante. Les rues de #Kinshasa étaient quasi désertes. Aucun embouteillage, une circulation fluide : près de 80 % des Kinois ont préféré laisser leur véhicule au garage, quitte à attendre la fin de cette campagne de recouvrement forcé.

La leçon de cette journée sans voitures est sans équivoque : en se retirant de l’espace public, les propriétaires de véhicules ont privé les autorités de tout « fait générateur » et donc de toute recette.

Cette privation du fait générateur est également le signe d’une révolte latente contre la mauvaise gouvernance et la gestion peu orthodoxe des finances publiques, tant au niveau national que provincial. Or, tout gouvernant a besoin de moyens pour mener à bien ses missions régaliennes. En privant la ville de ce fait générateur, les #Kinois privent par ricochet le gouvernement provincial des ressources nécessaires à sa politique. Un paradoxe qui doit interpeller.

■ Une fracture de confiance entre gouvernants et population

L’absence de près de 80 % du parc automobile ce mercredi 19 novembre 2025 révèle un refus volontaire des contribuables de se soumettre aux obligations de contrôle technique et de permis de conduire.

Les raisons financières, bien que réelles pour beaucoup, semblent secondaires. La vraie cause tient à une révolte implicite, une sanction populaire à l’égard des dirigeants : « Pourquoi payer ? Où sont les routes ? Pourquoi un contrôle technique alors que ce sont les routes qui détruisent nos véhicules ? Et même si nous payons, où va l’argent ? »

Autant de questions qui trahissent une défiance profonde de la population envers ses dirigeants, une population qui n’attend que la fin de l’opération pour remettre ses véhicules en circulation. Le manque à gagner est donc général.

■ Réinventer la relation entre acteur dominant et acteur dominé

Le pouvoir a toujours été conçu comme une relation d’influence entre un acteur dominant qui commande et un acteur dominé qui obéit. Cette relation repose sur la force, la persuasion et la légitimité.

Cependant, un gouvernant qui pratique la mauvaise gestion perd tôt ou tard la persuasion et la légitimité, même s’il conserve la force.

Dans le contexte actuel de #Kinshasa, marqué par un environnement invivable, #Daniel #Bumba et son gouvernement ont perdu la persuasion et la légitimité. S’ils ont besoin de moyens pour assainir la ville, la défiance des contribuables est une sanction contre leur manque de rigueur dans la gouvernance.

Conséquence : l’acteur dominé, censé obéir, a commencé à désobéir, cherchant même à imposer son tempo dans la collecte des ressources étatiques. »

Dès lors, la solution passe par une réinvention de la relation entre celui qui commande et celui qui obéit. Cette restauration de la confiance doit s’opérer aux échelles nationale et provinciale. Les citoyens en ont assez de payer des impôts, taxes et redevances dont ils ne voient pas les effets. Le pouvoir se doit de revoir ses politiques publiques, de miser sur des résultats tangibles et visibles, pour pouvoir un jour espérer voir la population répondre positivement aux appels au civisme fiscal.

■ Conclusion

Le professeur #Faustin #Luanga disait : « Si tu refuses la connaissance, essaie l’ignorance. » Quelqu’un d’autre, en observant le paysage de la capitale, a lancé : « On dirait que l’enfer est vide, tous les démons sont désormais logés dans la gouvernance du Congo. »

De ces deux phrases, on ne peut que conclure que Kinshasa est victime d’une gouvernance fondée à la fois sur l’ignorance et sur l’emprise de tous les démons de l’enfer.

Ambroise Mamba Ntambwe
Journaliste et chercheur en sciences politiques

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