Dans un moment de rare intensité diplomatique, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a pris la parole à Paris pour porter haut la voix d’un peuple meurtri. Son discours, prononcé lors de la Conférence internationale sur la paix et la prospérité dans la région des Grands Lacs, n’était pas une simple allocution : c’était un appel à la conscience du monde.
Depuis plus de trois décennies, l’Est du Congo est ravagé par des conflits armés, des déplacements massifs de populations, et des violences indicibles. Tshisekedi n’a pas cherché à adoucir la réalité : il l’a exposée avec force, lucidité et dignité.
> « Ce n’est pas une crise passagère. C’est une tragédie prolongée », a-t-il affirmé, rappelant que des millions de Congolais vivent aujourd’hui dans l’exil intérieur, privés de sécurité, de soins, de nourriture et d’espoir.
Le président congolais ne demande pas la charité. Il exige un engagement structuré, prévisible et durable. Il appelle à un financement international qui permette de répondre aux besoins vitaux des déplacés : soins d’urgence, sécurité alimentaire, abris, accès à l’eau potable, protection des survivantes de violences sexuelles.
Ce soutien, insiste-t-il, doit être vu comme un investissement pour la paix, et non comme une simple aide humanitaire. Car l’effondrement de l’Est du Congo serait une défaite pour tout le continent africain.
Tshisekedi a également lancé un message politique clair : il exige l’application intégrale de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelle au retrait du groupe armé M23 et des forces étrangères du territoire congolais.
> « Toute paix durable commence par la fin de l’occupation. Il ne peut y avoir ni double langage, ni compromis moral », a-t-il déclaré, dénonçant les silences complices et les postures diplomatiques équivoques.
Ce discours n’était pas seulement celui d’un chef d’État. C’était celui d’un homme qui refuse que son peuple soit réduit à des statistiques. Tshisekedi a rappelé que derrière chaque chiffre, il y a un enfant qui dort sous une bâche, une mère qui fuit avec son enfant, une communauté qui refuse de mourir.
> « Ce que nous demandons, c’est la vérité. Ce que nous demandons, c’est la justice. Ce que nous demandons, c’est la paix. »
La RDC, affirme Tshisekedi, prend ses responsabilités. Elle agit, elle protège, elle résiste. Mais elle ne peut pas tout faire seule. Le président appelle les partenaires internationaux à sortir de l’indifférence, à abandonner les calculs géopolitiques, et à se tenir aux côtés du peuple congolais.
Son discours est un tournant. Il ne supplie pas : il interpelle. Il ne accuse pas : il mobilise. Et il ne doute pas : il affirme que la paix est possible — si chacun accepte enfin de faire sa part.
Merveille Maleya


