Le Commandant de l’aéroport international de N’Djili suspendu pour incompétence et légèreté dans sa gestion

Le Commandant de l’aéroport international de N’Djili suspendu pour incompétence et légèreté dans sa gestion

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Dans la nuit du 10 au 11 septembre, l’aéroport international de Kinshasa/N’Djili a été plongé dans une obscurité totale. Entre 00h24 et 05h20 , aucune source d’énergie n’a pu maintenir les opérations critiques de la plateforme. Le vol DRC001, transportant le Président de la République, a été contraint à une diversion vers Brazzaville/Maya-Maya, tout comme plusieurs autres aéronefs.

Ce n’est pas une simple panne. C’est une alerte rouge sur la vulnérabilité des infrastructures stratégiques du pays. Et derrière cette défaillance technique, une désobéissance administrative lourde de conséquences.

Selon une note officielle émanant de la Direction Générale de la Régie des Voies Aériennes (RVA), le Commandant de l’aéroport n’a pas respecté les instructions relatives à l’acquisition d’un inverseur de charges — équipement essentiel pour assurer la bascule vers les sources d’énergie de secours. La société SITELE, recommandée pour sa fiabilité, a été écartée au profit d’UNICOMPEX, sans justification technique.

Pire encore, un technicien non agréé aurait été autorisé à intervenir sur le système de secours, sans maîtrise du protocole établi. Résultat : une paralysie totale au moment le plus critique.

L’arrivée d’un vol présidentiel dans un aéroport sans énergie, sans balisage, sans contrôle opérationnel, constitue une menace directe à la sécurité de l’État. Ce black-out n’est pas seulement une défaillance technique, c’est une rupture dans la chaîne de protection républicaine.

Comment expliquer qu’un commandement local puisse ignorer des directives techniques dans un contexte aussi sensible ? Comment un technicien non certifié peut-il accéder à une zone aussi stratégique ? Et surtout, où sont les mécanismes de contrôle censés prévenir ce type de dérive ?

La suspension immédiate du Commandant Lundula Lutshaka, décidée par la Direction Générale de la RVA, marque une volonté de rétablir l’autorité. Mais elle ne suffit pas. Ce n’est pas un homme qu’il faut sanctionner, c’est un système qu’il faut interroger.

La gouvernance des infrastructures critiques ne peut reposer sur des arbitrages opaques, des désobéissances non détectées et des protocoles ignorés. Il est urgent de repenser la chaîne de responsabilité, de renforcer les audits techniques, et d’instaurer une culture de sécurité à la hauteur des enjeux présidentiels.

Ce black-out est un avertissement. Il révèle que la sécurité présidentielle, censée être infaillible, peut être compromise par une simple décision administrative mal orientée. Il rappelle que la République ne peut tolérer l’improvisation dans ses dispositifs de protection. Et il impose une réforme immédiate des procédures de sécurisation des infrastructures stratégiques.

MMN

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