En République Démocratique du Congo, un phénomène de plus en plus préoccupant s’installe dans plusieurs églises : des pasteurs qui transforment la chaire, lieu sacré de prédication, en tribune de règlement de comptes personnels. Insultes voilées, attaques directes, insinuations publiques… tout se dit désormais au micro, devant les fidèles médusés.
Ce qui devait être un autel consacré à la parole de Dieu devient un théâtre de conflits privés, où des querelles interpersonnelles, souvent futiles, sont exposées comme des « révélations spirituelles ». Le danger ? La perte de repères spirituels pour les fidèles, l’instrumentalisation du sacré, et la banalisation du rôle du pasteur comme guide moral.
Au lieu de chercher des voies de réconciliation chrétienne ou d’exercer leur droit de réponse dans la presse écrite ou audiovisuelle, certains ministres de Dieu choisissent le sensationnel, oubliant que la chaire n’est pas un espace de polémique mais un lieu d’édification, de vérité, de sagesse et d’humilité.
Il est grand temps de rappeler aux leaders religieux leur responsabilité éthique et spirituelle. Un problème doctrinal ? Un malentendu ? Qu’ils utilisent les canaux appropriés : les médias, les débats théologiques, ou mieux encore, le dialogue privé. L’Église ne peut continuer à tolérer la théâtralisation des querelles personnelles.
La chaire est sacrée. L’utiliser pour régler ses comptes, c’est profaner l’appel divin.
Tabitha-Tifanny Moseka


