Révolution silencieuse au CHUR: A.L Kitenge dicte sa vision managériale

Révolution silencieuse au CHUR: A.L Kitenge dicte sa vision managériale

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Dans un pays où l’hôpital public est souvent perçu comme un lieu de survie plutôt que de soin, le Centre Hospitalier Universitaire de la Renaissance (CHUR), ex-Mama Yemo, tente une mue audacieuse. À sa tête, Armand-Lambert Kitenge, directeur général au style affirmé, déploie une gouvernance de rupture : assainissement administratif, digitalisation des recettes, transparence participative, amélioration des soins. Accusé par certains syndicats, il revendique une méthode, une vision, et un projet. Celui d’un hôpital moderne, inclusif, et pleinement républicain.
Lors d’un entretien franc et détaillé avec la rédaction du journal La Transparence, le DG a répondu aux accusations portées contre sa gestion.

Assainir pour reconstruire : “Il fallait remettre de l’ordre”

À son arrivée, le constat est sans appel : des milliers d’agents sans matricule, sans lettre d’affectation, sans statut clair. Le DG tranche : « Nous avons révoqué 2.400 agents. Ce n’était pas une purge, mais une régularisation. »
Une décision difficile, mais assumée. Pour lui, impossible de bâtir une gouvernance solide sur des fondations administratives fragiles. Il fallait assainir pour reconstruire.

Protéger le foncier hospitalier : “Le CHUR doit posséder ce qui lui appartient”

Le CHUR dispose d’un garage de 6.500 m², loué à un tiers pour 2.500 $/mois. Une situation jugée anormale, mais déjà traitée avant son arrivée : « Le contrat avait été annulé par le ministre. Le terrain n’a jamais été spolié. »
Mais au-delà de ce cas précis, Kitenge révèle un vide juridique plus large : « Aucun titre foncier officiel ne couvre les terrains du CHUR. Je me bats pour que l’hôpital ait enfin ses titres. »
Une bataille discrète, mais essentielle, pour protéger l’espace public hospitalier.

Clarifier les affectations et les marchés : “La transparence commence par la vérité”

Accusé d’avoir affecté des proches et favorisé une société liée à son nom, le DG répond sans détour : « J’ai amené quatre membres de mon cabinet, extérieurs au CHUR. Quant à la société AL Tech, elle ne m’appartient pas. »
Il dénonce une confusion entretenue autour de ses initiales, et invite à vérifier les informations au guichet unique. Pour lui, la transparence ne se décrète pas, elle se prouve.

Digitaliser pour mieux gérer : “Nous avons quadruplé les recettes”

Depuis 2025, les recettes du CHUR sont entièrement digitalisées et banquarisées. Résultat : les revenus ont été multipliés par quatre, et devraient l’être par cinq d’ici mars. « La digitalisation fonctionne. Elle sécurise les flux, élimine le cash, et optimise les ressources. »
Une réforme silencieuse, mais puissante, qui transforme la gestion hospitalière en profondeur.

Instaurer une transparence active : “Chaque agent peut voir les chiffres”

Chaque premier jeudi du mois, le DG réunit jusqu’à 300 agents pour une séance de contrôle : recettes, dépenses, questions ouvertes. « C’est notre mécanisme de transparence interne. Et tout est visible dans le système digital. »
Une gouvernance participative, qui associe les agents à la lecture des chiffres et à la construction des solutions.

Améliorer les soins, concrètement : “L’hôpital doit guérir, pas survivre”

Sous sa direction :
– 17 à 23 patients sortent guéris chaque jour.

– Les coupures d’électricité dans les services sensibles ont été éliminées.

– La maternité gratuite fonctionne à plein régime, avec un afflux record d’accouchements.

– Et pour aller plus loin, un projet est en cours : la Fondation CHUR, destinée à mobiliser des fonds pour financer les soins des patients vulnérables. « 25 % de nos patients ne paient pas. Il faut les accompagner

Une vision pour l’hôpital public : “Le CHUR est un hôpital pour tous”

Pour Armand-Lambert Kitenge, le CHUR ne doit pas être un simple centre de soins. Il doit devenir un symbole de justice sociale, de rigueur administrative et d’innovation publique : « Le climat social est le reflet du changement. Nous avançons, avec méthode et transparence. » Son ambition dépasse les murs de l’hôpital : réconcilier la République avec sa mission de soin.

Armand-Lambert Kitenge ne se contente pas de gérer. Il réforme, structure, et projette. Dans un système longtemps figé, il impose une dynamique nouvelle.
Le CHUR, longtemps symbole d’un hôpital à bout de souffle, devient sous sa direction un espace de transformation. Et peut-être, demain, un modèle à suivre pour toute la gouvernance publique.

Merveille Maleya/ Tabitha Tiffany Moleka

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