Genocost : Le Congo nomme ses morts, le monde retient son souffle

Genocost : Le Congo nomme ses morts, le monde retient son souffle

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Ce samedi, la République Démocratique du Congo s’arrête pour commémorer le Genocost, journée nationale dédiée aux victimes des violences de masse liées à l’exploitation des ressources naturelles. Trois ans après son institutionnalisation, cette mémoire collective prend une ampleur nouvelle : celle d’un peuple qui exige justice, reconnaissance et réparation.

Le terme Genocost — contraction de “genocide” et “cost” — est né à Londres en 2013, dans les rangs du collectif CAYP (Congolese Action Youth Platform). Il désigne les massacres perpétrés en RDC depuis les années 1990, motivés par la prédation économique sur les minerais stratégiques du pays. Le Genocost ne parle pas seulement de morts : il parle du coût humain d’un système mondial qui prospère sur le sang .

Le 2 août marque le début de la deuxième guerre du Congo en 1998, déclenchée par le RCD soutenu par le Rwanda. Ce conflit, considéré comme le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale, a fait plus de six millions de morts. En 2022, le président Félix Tshisekedi fait adopter la loi n°22/065, instituant cette date comme journée nationale du .

À Kinshasa, un mémorial dédié au Genocost a été inauguré près du musée national. Des cérémonies ont eu lieu dans toutes les provinces, avec des témoignages poignants de survivants. Mais la société civile reste vigilante. Pour Gloria Menayame, juriste au sein du CAYP France, cette reconnaissance officielle est une victoire “au goût d’inachevé” : “Le gouvernement parle de justice internationale, mais oublie de mettre en place des mécanismes internes pour juger les crimes commis sur le sol congolais.”

Le mémorandum publié par le CAYP et la LIDDFC appelle à des mesures concrètes :
– Reconnaissance officielle du génocide congolais
– Réforme législative sur les crimes graves
– Création d’un tribunal pénal international pour la RDC
– Lutte contre l’impunité des auteurs, y compris politiques
– Réparations pour les victimes et justice transitionnelle
– Encadrement de l’exploitation minière et transparence.

Le président Tshisekedi a ordonné que le Genocost soit commémoré dans toutes les ambassades et représentations diplomatiques. Il prévoit de porter ce plaidoyer à la 80e Assemblée générale de l’ONU en septembre. Mais la reconnaissance internationale reste incertaine. Le mot “génocide” dérange, car il implique des responsabilités, des réparations, et une relecture géopolitique des conflits dans la région des Grands .

Le Genocost est plus qu’un mot. C’est une mémoire insurgée, une vérité que le Congo refuse d’enterrer. Tant que le monde profitera du sous-sol congolais sans reconnaître son deuil, le Genocost restera une lutte — pour la justice, pour la dignité, pour la vérité.

Merveille Maleya

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