Tandis que les avions s’élancent dans le ciel à l’aéroport international de N’djili, la Régie des Voies Aériennes (RVA) vivrait une débâcle silencieuse et grave qui saperait la crédibilité de l’ensemble du système aéroportuaire congolais. À la tête de cette institution clé, le commandant Vicky Lundula exercerait une gestion déconcertante — une gouvernance qui confinerait à l’amateurisme et au mépris des réalités opérationnelles les plus élémentaires.
Il y a des signes qui en disent long sur l’état d’esprit d’un leadership. À N’djili, l’ascenseur reliant les 35 mètres de la tour de contrôle serait en panne depuis des mois. Très peu de responsables auraient pu tolérer une telle situation dans un secteur aussi sensible que le contrôle aérien. Pourtant, sous le commandement actuel de Vicky Lundula, cette panne qui fragiliserait la sécurité et le bien-être des agents perdurerait sans aucune mesure corrective. Pas de devis reçus, pas d’appels d’offres, pas de plan de remise en service. Pourtant, selon nos investigations, un ascenseur fonctionnel coûterait entre 30 000 et 50 000 dollars. Le signal envoyé serait terriblement clair : l’urgence opérationnelle serait reléguée au second plan, noyée sous un luxe numérique superflu.
60 000 dollars d’écrans flambants neufs pendant que les ascenseurs resteraient muets
Au cœur de ce chaos, un paradoxe stupéfiant se dégagerait. Sous l’égide du commandant Lundula, 8 écrans tactiles auraient été achetés sans appel d’offres, un marché de gré à gré dont une pièce coûterait 7 500 USD, ce qui donnerait la somme de 60 000 dollars juste pour l’affichage des horaires de vol. Ces 60 000 dollars auraient été dépensés pour l’achat de ces 8 écrans tactiles. À quoi servirait de dépenser une somme aussi lourde pour “moderniser” une façade numérique alors que l’essentiel ferait défaut ? Ces écrans, qui viendraient s’ajouter à un dispositif déjà fonctionnel, traduiraient un cruel décalage entre les priorités affichées et les besoins réels de l’aéroport.
La délivrance de fausses cartes d’accès : une faille dans la sécurité aéroportuaire
Plus inquiétant encore, le commandant Lundula serait directement lié à la délivrance de fausses cartes d’accès à l’aéroport de N’djili. Or, à un aéroport international — frontière stratégique de la RDC — le contrôle rigoureux des accès serait la pierre angulaire de la sécurité. Délivrer des cartes falsifiées, approuvées par le commandant lui-même, ne serait pas un simple manquement administratif ; ce serait une mise en danger manifeste de la sûreté nationale. L’accès à l’aéroport pour les agents de la RVA et les autres agents des compagnies aériennes œuvrant à l’aéroport de N’djili deviendrait un casse-tête chinois, car soumis à des contrôles rigoureux des services de renseignement commis à l’aéroport.
Sorties illégales de fonds
Entre juin et juillet, plusieurs incidents graves auraient révélé une sécurité à la limite du tolérable. Trois ressortissants libanais auraient quitté Kinshasa pour Beyrouth avec 6,8 millions de dollars cachés dans des valises. Pas plus tard que le vendredi passé, une tentative de sortie de 140 000 dollars aurait été stoppée — non pas par les agents de la RVA, mais par les services de renseignement. Dans un autre cas, 500 000 dollars auraient été saisis sous le tarmac par les agents des services de renseignement. Ces défaillances ne pourraient être dissociées de la gestion laxiste du commandant Lundula, responsable des dispositifs de contrôle et d’identification.
Contacté à plusieurs reprises par notre rédaction pour apporter des éclaircissements et répondre à nos questions sur ces graves dysfonctionnements, le commandant Vicky Lundula aurait systématiquement décliné l’invitation, préférant garder le silence face à ces accusations. Ce refus de dialogue laisserait un vide inquiétant, alimentant davantage le doute quant à sa capacité et sa volonté de redresser une situation critique.
Une direction locale sacrifiée sur l’autel de l’apparence
Le choix du commandant Lundula d’investir dans des gadgets coûteux pour l’affichage numérique, au détriment d’équipements essentiels à la sécurité et à la protection du personnel, révélerait une priorité accordée à l’image et à la vitrine au lieu d’une gouvernance pragmatique et responsable. Ce chemin conduirait à une catastrophe annoncée : l’aéroport, vitrine de la RDC, perdrait non seulement en efficacité, mais se transformerait en passoire, au risque de provoquer un scandale institutionnel et une perte de confiance généralisée.
On ne sécuriserait pas une frontière nationale en aménageant des vitrines pour le spectacle. La vraie sécurité commencerait par des contrôles rigoureux, des équipements opérationnels et le respect du personnel qui veillerait au grain. Tout le reste serait superflu, voire dangereux.
La situation actuelle à N’djili ne serait pas un simple dysfonctionnement technique. Ce serait la manifestation d’un leadership défaillant qui, par ses choix irrationnels et son silence face aux défaillances, affaiblirait la sécurité et la stabilité d’une porte stratégique du pays. Tant que le commandant Lundula persisterait dans cette gestion à courte vue, marquée par des décisions incohérentes et une faiblesse sécuritaire condamnable, l’aéroport international de N’djili resterait un maillon dangereux dans la chaîne aérienne congolaise, avec toutes les conséquences économiques et politiques que cela entraînerait.
La Transparence



Triste réalité pour un aéroport aussi important de la RDC en cette période cruciale.