Silence, exil et loyauté : Benoît Lwamba le juge qui a déjoué Kabila

Silence, exil et loyauté : Benoît Lwamba le juge qui a déjoué Kabila

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Dans les coulisses du pouvoir congolais, une bataille feutrée s’est jouée en 2018. Elle n’a pas impliqué d’armes, mais des institutions. Pas de déclaration officielle, mais des jeux d’influence. Et au centre, un homme que l’histoire retiendra comme celui qui a dit non : Benoît Lwamba.

Lors du 38ᵉ sommet de la SADC, le président Joseph Kabila, poussé par la communauté régionale et internationale à quitter le pouvoir, s’adresse à ses homologues :

> Je ne vous dis pas adieu, mais je vous dis à bientôt.>

Cette déclaration cryptée révèle une volonté de rester dans l’ombre. Ne pouvant briguer un nouveau mandat, Kabila orchestre une stratégie de verrouillage institutionnel pour garder la main sur le pays — sans apparaître au premier plan.

Le plan de Kabila est méthodique :

– Un Premier ministre sous contrôle, incapable de réformer l’armée ou d’imposer une vision politique indépendante.

– Des postes militaires stratégiques confiés à ses fidèles, renforçant une armée infiltrée et polarisée.

– Un Parlement à majorité écrasante, prêt à engager la destitution du président Tshisekedi au moindre faux pas.

– Une Cour constitutionnelle sous haute pression, préparée pour jouer le rôle de bras juridique du coup d’État.
– La Garde républicaine figée, verrouillée contre toute tentative de réforme présidentielle.

C’est là qu’entre en scène Benoît Lwamba, président de la Cour constitutionnelle. Sollicité pour initier la procédure de destitution de Félix Tshisekedi, il devient l’ultime verrou institutionnel.

Mais contre toute attente, Lwamba refuse. Malgré sa supposée proximité avec le camp Kabila, et affaibli par la maladie, il privilégie la République. En privé, il informe le président élu du plan en cours. Ce n’est plus une bataille politique. C’est une crise institutionnelle en pleine gestation.

En pleine pandémie, avec les vols suspendus, Tshisekedi affrète discrètement l’avion présidentiel pour exfiltrer Lwamba vers Bruxelles, où réside sa famille. Cette décision exceptionnelle permet au juge de fuir les pressions — mais surtout de protéger l’équilibre fragile de la transition démocratique.

Katangais, patriote, discret, Benoît Lwamba n’a pas cherché à alerter l’opinion ni à se poser en héros. Son acte de refus, dans un contexte institutionnel verrouillé, a évité un basculement autoritaire. La démocratie congolaise, encore vacillante, doit à ce magistrat une parenthèse de stabilité.

L’histoire retiendra ce magistrat comme celui qui, un jour, a dit non.
Dans une époque où le silence devient souvent complicité, Lwamba a choisi le patriotisme. Sans bruit, sans éclat, mais avec une puissance redoutable.

Merveille Maleya

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