C’est une réforme qui avance à pas lourds, sans se retourner. Le gouvernement congolais engage le départ à la retraite de 300 000 agents publics, sans garanties sociales ni plan d’accompagnement. Une “déflagration sociale programmée”, selon l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP), qui lance l’alerte.
Sous couvert de modernisation, cette mesure risque de plonger des centaines de milliers de familles dans l’incertitude, en les privant brutalement de revenus, de soins et de perspectives. L’ODEP fustige une démarche “sans humanité, ni mémoire”, qui reproduit les erreurs des restructurations passées.
Alors que la CNSSAP peine à verser les pensions actuelles, elle devrait absorber des centaines de milliers de nouveaux dossiers sans recapitalisation préalable. Pour l’ODEP, ce scénario est insoutenable. Elle accuse également le FMI d’avoir imposé une logique comptable, réduisant les agents publics à de simples chiffres dans un tableau d’économiste.
L’ODEP ne se limite pas au constat. Elle exige :
– Un arrêt immédiatdu processus
– Un audit de la CNSSAP
– Un plan de reconversion digne, avec formation et accompagnement
– Le paiement intégral et rapide des indemnités
– Une renégociation courageuse avec les bailleurs
À travers son communiqué, l’ODEP convoque la mémoire collective : les réformes réussies sont celles qui placent **l’humain avant les tableaux Excel**. Elle invite les autorités à faire un choix de civilisation : sacrifier la cohésion sociale au nom de l’efficacité, ou construire une modernité solidaire.
MMN


