Dans une ville où les motos ne sont pas seulement un moyen de transport mais un vecteur de survie économique, un partenariat historique vient bousculer les lignes. La banque Equity BCDC et la Fédération Nationale des Motocyclistes du Congo (FENAMO) ont signé ce mercredi un accord stratégique visant à bancariser un million de motards opérant dans la capitale congolaise.
Au cœur de cette initiative se trouve une ambition audacieuse : faire passer une économie informelle, estimée à « plus de 3 milliards de dollars par an », dans les circuits financiers officiels. Chaque jour, ces conducteurs génèrent des revenus souvent non enregistrés, hors du radar fiscal et bancaire. Equity BCDC propose désormais de changer cette dynamique.
« Ce n’est pas simplement une ouverture de compte. C’est une transformation structurelle, sociale et économique », affirme Hugues Efole, Directeur Général Adjoint d’Equity BCDC. La banque prévoit une offre de services sur-mesure : comptes bancaires simplifiés, solutions d’épargne, paiement mobile, et microcrédits pour l’achat d’équipements ou le financement d’activités.
L’objectif est clair : accompagner les motards vers une forme de stabilité financière, leur permettre d’investir, de planifier et surtout de s’inscrire dans une démarche institutionnelle reconnue.
Pour Bin Kasongo Sébastien, président de la FENAMO, ce partenariat est bien plus qu’un appui logistique. « Nos membres ont été ignorés, souvent stigmatisés, pourtant ils jouent un rôle vital dans l’économie locale. Cette collaboration avec Equity BCDC est le point de départ d’une vraie structuration du secteur », souligne-t-il.
La fédération s’engage à assurer la « mobilisation, l’encadrement et la sensibilisation » des motards, en mettant l’accent sur la formation financière et la compréhension des outils numériques.
Les répercussions de ce programme pourraient s’étendre à l’échelle nationale. En incluant les propriétaires de motos et leurs familles, ce sont près de **deux millions de personnes directement concernées**. L’accord prévoit également un soutien technique à la FENAMO pour assurer la pérennité du projet.
Au-delà des chiffres, ce partenariat reflète une volonté de créer un modèle économique inclusif, où les travailleurs de l’informel peuvent accéder à des services de qualité, renforcer leur pouvoir d’achat et contribuer activement à la construction d’une économie plus juste.
La Transparence


