Quand l’accord de paix devient un casse-tête pour Kigali et ses alliés

Quand l’accord de paix devient un casse-tête pour Kigali et ses alliés

1 0
Read Time:2 Minute, 5 Second

Il y a des silences qui apaisent. Et des colères qui en disent long. Depuis la signature de l’accord de paix entre Kinshasa et Kigali, ce ne sont pas les victimes du conflit qui s’élèvent. Ce sont ceux qui, depuis des années, ont fait de la guerre une source de profit. Leur agitation bruyante est peut-être le meilleur signe qu’un tournant majeur s’amorce enfin.

Paul Kagame n’a pas tardé à se faire entendre. Mais cette fois, ce n’est plus la voix assurée du stratège. C’est celle d’un homme qui sent l’échiquier lui glisser entre les doigts. Il dénonce, menace, accuse. Il parle des FDLR, de l’ONU, de Tshisekedi. Mais, en creux, il révèle surtout ce qu’il est en train de perdre : un levier militaire, une couverture diplomatique, une influence régionale.

Ce que cela signifie : l’accord ne promet pas seulement la paix. Il redistribue les cartes. Il impose un cadre qui échappe aux logiques de domination bilatérale. Pour Kigali, habitué à dicter ses conditions sous prétexte de sécurité régionale, c’est un précédent dangereux.

Corneille Nangaa, ancien homme politique reconverti en chef de guerre, s’est joint au concert des protestations. Il dénonce un accord « injuste », « unilatéral », « contraire aux intérêts des Congolais ». L’ironie est cruelle : ceux qui ont pris les armes contre l’État congolais prétendent aujourd’hui défendre sa souveraineté.

Mais derrière cette posture, une vérité implacable : l’accord marginalise les acteurs armés. Il les prive de leur rôle d’intermédiaires incontournables. Il les ramène à ce qu’ils sont vraiment — des fauteurs de troubles refusant un ordre nouveau.

Cet accord ne résout pas tout. Il ne désarme pas les milices par enchantement. Il ne reconstruit pas Goma en un claquement de doigts. Mais il installe un principe fondamental : la paix ne se négociera plus avec ceux qui vivent de la guerre.

Il recentre la diplomatie sur les États, non sur les groupes armés.

Il impose un calendrier clair de désengagement militaire.

Il crée un précédent : un accord signé sans que Kigali ne dicte toutes les clauses.

Et c’est précisément ce qui dérange tant.

Dans les conflits complexes, il y a une règle d’or : regarde qui s’oppose à la paix, et tu sauras qui profitait de la guerre. Aujourd’hui, ce sont les anciens maîtres du jeu qui s’agitent. Ceux qui ont toujours tiré profit du chaos. Leur colère n’est pas une alerte. C’est une confession.

Merveille Maleya

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *