FDLR : Quand Julien Paluku accuse Kigali de manipuler l’Histoire pour justifier l’ingérence

FDLR : Quand Julien Paluku accuse Kigali de manipuler l’Histoire pour justifier l’ingérence

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Alors que Kigali brandit la menace des FDLR pour justifier son activisme militaire à l’Est de la RDC, Kinshasa contre-attaque avec vigueur. Pour Julien Paluku, l’argument sécuritaire rwandais relève davantage du subterfuge narratif que de la réalité factuelle.

Dans une déclaration tranchante, le ministre du commerce extérieur affirme que :

> “Les FDLR ? De 1998 à 2003, puis de 2022 à 2025, seuls les Rwandais y ont été confrontés. Aujourd’hui, il ne reste qu’un millier de combattants, dont la majorité ont été recyclés… par Kigali lui-même.”

Se référant aux rapports des Nations unies, il remet en cause la gravité de la menace :
– Les effectifs seraient **résiduels, désorganisés, sans véritable capacité opérationnelle.
– Le discours rwandais viserait à entretenir une peur utile, alimentant une stratégie d’ingérence déguisée en légitime défense.

Paluku va plus loin en évoquant une entreprise de désinformation planifiée :
> “Déconstruire un mensonge inoculé comme du venin depuis 30 ans est un travail de longue haleine.”

Il interpelle ses concitoyens : malgré nos divergences, ne servons pas d’alliés à un régime qui détruit nos espoirs générationnels.

Le ministre rwandais Olivier Nduhungirehe n’a pas tardé à répondre sur X : “Si les FDLR sont un ‘mensonge’ selon le ministre Paluku, pourquoi le gouvernement congolais a-t-il signé à trois reprises des accords engageant leur neutralisation ?”

Ce contre-argument, appuyé sur les accords de Luanda et Washington, tente de piéger Kinshasa dans sa propre rhétorique.

Mais cette réponse rwandaise ne masque pas plusieurs paradoxes :

– La persistance d’une menace que Kigali entretient dans ses récits, alors même que les preuves sur le terrain s’effritent.
– Le recyclage possible d’éléments FDLR par le Rwanda lui-même, comme le suggère Kinshasa, indiquant un double-jeu stratégique.
– L’absence d’autocritique face au soutien documenté au M23, qui mine la crédibilité morale du discours sécuritaire rwandais.

Ce que révèle ce nouvel échange entre Kinshasa et Kigali, c’est moins la persistance des FDLR que la résilience d’une grille de lecture verrouillée par le Rwanda depuis trente ans. En instrumentalisent une menace désormais marginale, Kigali consolide un droit d’ingérence auto-attribué au nom d’une mémoire collective qu’il refuse de voir évoluer.

Mais cette mémoire utilisée comme bouclier devient aujourd’hui un frein : elle empêche toute remise en question du rôle rwandais dans la perpétuation de l’instabilité à l’est du Congo. Si la communauté internationale veut réellement soutenir la paix, elle ne peut plus se contenter d’accommoder ce narratif asymétrique. Car au-delà des accords signés, ce sont les récits qu’il faut rééquilibrer — sans quoi toute paix restera fragile, et profondément injuste.

Merveille Maleya

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