FIKIN: Le seul projet où on plante des containers au lieu de fondation

FIKIN: Le seul projet où on plante des containers au lieu de fondation

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Il y a les chiffres qui brillent dans les conférences de presse. Et puis il y a le terrain. L’un promet, l’autre trahit. Entre les deux : 68 millions de dollars débloqués, une entreprise turque (MILVEST) sous les radars, et une FIKIN qui n’a jamais ressuscité. Ce qui devait être une vitrine moderne de l’économie congolaise s’est mué en vitrine de kiosques informels, greffés à des conteneurs rouillés. Que reste-t-il d’un projet que tout le monde semble vouloir oublier ?

Présentée comme un partenaire stratégique, MILVEST s’est vue confier plusieurs mégaprojets en RDC : Kinshasa Arena, centre financier de Kinshasa, complexe hôtelier de luxe… et la réhabilitation de la FIKIN. Sur le papier, un acteur ambitieux. Dans les faits, une entreprise dont l’exécution échappe à toute vérification citoyenne.

Aucun appel d’offres connu. Aucun détail sur les clauses du contrat. Aucun mécanisme de suivi rendu public. Et surtout : aucun chantier visible sur le site de la FIKIN censé accueillir une infrastructure aux standards internationaux. L’État a payé, mais le peuple n’a rien reçu.

Ce n’est pas l’échec du projet qui scandalise, c’est la sérénité avec laquelle le gouvernement l’ignore. Le ministère du Commerce, le ministère des Infrastructures, l’Inspection Générale des Finances… tous se murent dans une indifférence feutrée. On a financé un rêve, mais on refuse d’en assumer le cauchemar.

Aucune sanction. Aucun audit rendu public. Aucune interpellation sérieuse des décideurs. Le pouvoir gère les scandales comme des fautes de frappe : en les laissant s’effacer avec le temps.

Le cas FIKIN concentre tous les symptômes d’une gouvernance défaillante : absence de transparence, sélection douteuse des prestataires étrangers, inaction face à la non-livraison, évaporation budgétaire sans répercussions. C’est le modèle parfait de la dérive technocratique sans contre-pouvoirs.

MILVEST n’est pas seule responsable. Car quand une entreprise échoue, c’est le partenaire contractuel — l’État congolais — qui doit répondre. Or ici, aucune volonté de rendre des comptes. Rien.

Elle devait accueillir foires, expositions, conférences, investissements. Elle n’accueille plus que le regard désabusé d’un peuple habitué à voir les budgets s’évaporer comme de la sueur sur les pavés de Limete. La FIKIN n’est pas qu’un chantier abandonné : c’est un mémorial budgétaire. Un espace de trop, payé trop cher, pour cacher trop peu.

Et tant que les contrats restent secrets, tant que les millions s’effacent sans audit, tant que les responsables échappent à toute exigence de résultat, la modernité ne sera qu’une fable. Un slogan recyclé au prochain meeting politique.

Merveille Maleya

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