Kinshasa: Le bourgmestre de Barumbu tabassé et humilié par des militaires

Kinshasa: Le bourgmestre de Barumbu tabassé et humilié par des militaires

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Le mercredi 4 juin 2025 restera une date noire pour la commune de Barumbu, à Kinshasa. Christophe Lomami, bourgmestre de cette municipalité, a vécu un véritable calvaire, victime d’une agression brutale et humiliante perpétrée par des militaires de la Force navale. Ce qui aurait dû être une simple tournée d’inspection s’est transformé en un affrontement violent révélateur des dysfonctionnements profonds entre autorités civiles et forces armées en République démocratique du Congo.

L’affaire débute par une situation pourtant claire : des militaires construisent un hangar illégalement, sur une voie publique, sans aucune autorisation ni concertation avec la mairie. Christophe Lomami, en tant que représentant officiel de l’État dans la commune, intervient pour faire respecter la loi. Mais au lieu d’être écouté, il est traité comme un simple perturbateur. Pire, il est tabassé, séquestré et humilié en pleine rue, sous les yeux d’une population abasourdie.

« Ils m’ont traité comme un enfant, m’ont enfermé, et mon garde a été roué de coups », témoigne Lomami, encore sous le choc. Ce n’est pas seulement une agression physique, c’est un déni total de l’autorité civile, un message clair que les forces militaires se croient au-dessus des lois et des institutions locales. Un comportement inacceptable qui illustre à quel point l’impunité continue de gangrener les forces armées congolaises.

Alors que le bourgmestre réclame des sanctions exemplaires, la réaction officielle se fait attendre. Le commandant de la Force navale, le général-major Albert Kuyandi Hemedi, promet de se prononcer « prochainement », une réponse vague qui laisse planer un doute sur la volonté réelle de faire respecter la justice. Ce silence relatif nourrit l’impression d’un système où les militaires jouissent d’une liberté d’action inquiétante, au détriment des autorités civiles et de la population.

Cet incident dépasse le simple cadre local. Il révèle une fracture profonde entre les institutions civiles et militaires, une défiance qui menace la cohésion sociale et la gouvernance démocratique en RDC. Comment espérer un développement harmonieux quand ceux censés protéger la loi s’en affranchissent ouvertement ? Comment garantir la sécurité des citoyens si les représentants de l’État sont eux-mêmes victimes d’intimidations et de violences ?

Le calvaire de Christophe Lomami n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’un système où l’autorité civile est régulièrement piétinée. Il est urgent que les pouvoirs publics prennent conscience de la gravité de la situation et agissent avec détermination pour restaurer le respect des institutions et protéger ceux qui incarnent l’État sur le terrain. Sinon, c’est toute la République démocratique du Congo qui risque de sombrer dans l’anarchie et le mépris des règles fondamentales.

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