La recrudescence des braquages à main armée dans plusieurs grandes villes de la République Démocratique du Congo a poussé le gouvernement à agir rapidement. Lors d’un Conseil des ministres exceptionnel présidé par Félix-Antoine Tshisekedi à la Cité de l’Union Africaine, une série de mesures d’urgence a été adoptée pour endiguer ce fléau qui menace la sécurité des citoyens.
Le Vice-Premier Ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a présenté un plan d’action ambitieux visant à intensifier la lutte contre les gangs armés. L’opération « Ndobo », déjà engagée dans la lutte contre le banditisme urbain, sera désormais déployée avec plus de moyens et une présence accrue sur le terrain.
Parmi les décisions clés, le gouvernement a ordonné le retrait des policiers affectés à des missions de sécurité privée afin de renforcer les patrouilles dans les quartiers les plus touchés. Une collaboration renforcée entre la Police nationale congolaise (PNC) et les Forces armées de la RDC (FARDC) a été mise en place, avec la création de patrouilles mixtes dans les zones sensibles.
Les motos, souvent utilisées par les malfaiteurs pour commettre leurs méfaits et prendre la fuite, feront l’objet d’un contrôle plus strict. Par ailleurs, un numéro vert a été instauré pour permettre aux habitants de signaler rapidement toute activité suspecte, favorisant ainsi une meilleure réactivité des forces de sécurité.
Malgré ces mesures, certains spécialistes appellent à ne pas se limiter à la répression. Le phénomène des gangs, notamment celui des Kuluna à Kinshasa, est profondément enraciné dans des problèmes socio-économiques tels que le chômage et la marginalisation. Ils recommandent d’accompagner la réponse sécuritaire par des actions sociales ciblées pour s’attaquer aux causes profondes de la violence.
Le gouvernement, de son côté, assure vouloir combiner une présence accrue sur le terrain avec une meilleure intelligence opérationnelle et une implication active des citoyens, espérant ainsi inverser la tendance dans les semaines à venir.
Merveille Maleya


