Chaque 17 mai, la République démocratique du Congo (RDC) célèbre un moment clé de son histoire contemporaine : la chute du régime Mobutu et la prise de Kinshasa par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) en 1997. Un jour qui, à l’origine, incarnait l’espoir d’une libération nationale, d’un renouveau politique et social. Mais, plus de deux décennies plus tard, que reste-t-il réellement de ce mythe fondateur ? La fête est-elle encore synonyme de victoire ou plutôt le rappel d’une quête inachevée ?
Le 17 mai 1997, après 32 ans de règne autoritaire, Mobutu Sese Seko est chassé du pouvoir. Pour beaucoup de Congolais, cette date symbolise la fin d’une dictature corrompue et la promesse d’un Congo nouveau, démocratique et prospère. La prise de Kinshasa par l’AFDL, menée par Laurent-Désiré Kabila, est alors perçue comme une véritable libération. La population célèbre, pleine d’espoir, croyant à un avenir meilleur.
Cette journée devient rapidement une fête nationale, baptisée « Fête de la libération », un moment de rassemblement patriotique et de reconnaissance envers les forces armées. Elle incarne le triomphe de la révolution et la victoire sur l’oppression.
Pourtant, cette euphorie a vite laissé place à une réalité plus complexe. La RDC, malgré ses richesses naturelles immenses, reste confrontée à des défis majeurs : conflits armés récurrents dans l’Est, instabilité politique, pauvreté endémique et fragilité des institutions.
Le régime de Laurent-Désiré Kabila, puis celui de son fils Joseph Kabila, n’ont pas réussi à concrétiser pleinement les espoirs suscités par la libération. La gouvernance reste souvent critiquée, les tensions ethniques et les violences persistent, et la population continue de réclamer justice, paix et développement.
Depuis 2019, le 17 mai a été rebaptisé « Journée de la révolution et des Forces armées de la République démocratique du Congo ». Cette nouvelle appellation met l’accent sur le rôle central des militaires dans la défense de la souveraineté nationale. Chaque année, des cérémonies officielles honorent les soldats, avec des dépôts de gerbes et des activités sociales, comme le dépistage du cancer pour le personnel féminin des forces armées.
Cependant, en 2025, la commémoration est exceptionnellement avancée au 16 mai, conformément à l’*Ordonnance n°23-042 du 30 mars 2023*. Cette disposition tient compte du fait que le 17 mai tombe un samedi, un jour non ouvrable pour les services publics. Afin d’assurer une célébration effective, le gouvernement a anticipé les activités au vendredi, permettant ainsi aux citoyens et aux institutions de rendre hommage aux FARDC dans des conditions optimales.
Le 17 mai reste donc un symbole puissant, mais aussi un miroir des défis toujours présents en RDC. Entre mémoire et actualité, il invite à une réflexion profonde sur le chemin parcouru et celui qui reste à faire. La libération promise n’est pas encore complète, mais la commémoration annuelle est l’occasion de raviver l’espoir, de reconnaître les efforts et de rappeler l’impératif d’un Congo enfin stable, juste et prospère.
La Rédaction


