Monsieur le ministre Samuel Roger Kamba Mulanda, comment pouvez-vous regarder le peuple congolais droit dans les yeux quand l’hôpital général de Kinkanda n’a plus d’eau potable?
Des patients lavés avec l’eau du fleuve. Des médecins contraints d’improviser faute d’équipement. Une banque de sang délabrée, rendant les urgences impossibles.
Dans une grande ville comme Matadi, ce spectacle est une humiliation nationale. Pourtant, pendant que les patients souffrent, vous continuez à percevoir votre salaire sans le moindre retard.
À l’hôpital général de Kinshasa, les médecins n’ont même pas un bureau pour classer leurs dossiers médicaux. Chaque jour, ils naviguent entre l’improvisation et le chaos, faute d’une gestion décente.
Et les infirmières ? Certaines reçoivent 40.000 FC, soit moins de 20 dollars par mois via Orange Money. Moins de 20 dollars pour celles qui portent le système de santé à bout de bras. Moins de 20 dollars pour celles qui sauvent des vies pendant que les hauts responsables du ministère vivent dans l’opulence.
Le budget national de 2025 s’élève à 213.544,4 milliards de FC, avec une part significative attribuée à la santé. Pourtant, les provinces sont laissées à l’abandon et les infrastructures médicales tombent en ruine.
Et pourtant, la RDC reçoit chaque année des milliards USD en financement international pour soutenir son système de santé :
– Le Fonds mondial a investi plus de 600 millions USD ces dernières années pour la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.
– L’USAID injecte environ 400 millions USD par an pour améliorer l’accès aux soins de santé.
– L’Union Européenne finance plusieurs projets à hauteur de 280 millions USD, notamment dans la vaccination et les infrastructures hospitalières.
– La Banque Mondiale a débloqué 500 millions USD pour soutenir la couverture sanitaire universelle et renforcer les hôpitaux publics.
Malgré ces fonds, les patients meurent par manque de médicaments, les hôpitaux manquent d’eau potable et les soignants sont humiliés par des salaires indignes.
Vous avez le pouvoir de changer cette situation, mais en avez-vous la volonté?
Si vous ne pouvez pas garantir un minimum de dignité aux Congolais, ayez l’honnêteté de céder votre place. La santé n’est pas un privilège, c’est un droit. Et votre inaction coûte des vies chaque jour.
Chaque heure de silence est une heure de souffrance pour les patients, une heure de lutte pour les médecins, une heure de détresse pour les infirmières.
Monsieur le ministre, le peuple congolais ne demande pas des promesses, il exige des actes immédiats.
Merveille Maleya


