La République Démocratique du Congo (RDC) est en proie à un débat brûlant qui pourrait redéfinir son avenir : faut-il adopter le fédéralisme ou préserver l’État unitaire fortement décentralisé ? Dans ce tumulte politique, une voix se distingue avec force, celle de Marie-Ange Mushobekwa, femme leader du Sud-Kivu et actrice politique influente.
Pour Mushobekwa, la réponse est claire : le fédéralisme n’est pas une solution, mais un danger. « Notre constitution actuelle est un équilibre subtil entre fédéralisme et unitarisme, un juste milieu qui reflète notre réalité, » affirme-t-elle. Mais elle ne s’arrête pas là. Mushobekwa dénonce avec véhémence le non-respect de cette constitution, qu’elle considère comme la véritable source des maux qui rongent le pays.
Elle dresse un tableau sombre des institutions actuelles : des assemblées provinciales qu’elle qualifie de « plaie », une Assemblée nationale devenue « la caisse de résonance de la Présidence » depuis le « coup d’État institutionnel » de novembre 2020, et un Sénat plongé dans une inertie qu’elle décrit comme une « chambre de somnolence ». Pour elle, le problème n’est pas la forme de l’État, mais la gestion émotionnelle des affaires publiques et l’absence d’une justice indépendante capable de réprimer la corruption et la mauvaise gouvernance.
Quant au fédéralisme, Mushobekwa y voit un risque existentiel : la balkanisation de la RDC. « Notre pays et son peuple ne sont pas prêts pour une telle transition, » prévient-elle, appelant à une réforme institutionnelle profonde et au respect rigoureux des principes constitutionnels.
Dans un pays aussi vaste et diversifié, ce débat ne fait que commencer. Mais les convictions de Marie-Ange Mushobekwa résonnent comme un cri d’alarme, une mise en garde contre les dérives qui pourraient plonger la nation dans un chaos encore plus profond. Alors que les tensions montent, la RDC se trouve à un carrefour décisif, où chaque choix pourrait redéfinir son avenir.
Merveille Maleya


