Alors que les inondations ravagent la ville, l’Office National des Transports (ONATRA) a révélé des pratiques tarifaires abusives dans le secteur du transport fluvial, notamment pour les trajets vers l’aéroport de N’djili. Les tarifs officiels, fixés à 20 dollars pour un grand bateau et 100 dollars pour un canot express, sont déjà exorbitants, mais certaines sociétés privées poussent le vice encore plus loin. Cependant, ce qui est encore plus choquant, c’est la manière dont le gouvernement semble profiter de cette situation pour tirer des bénéfices sur le dos de ses citoyens déjà vulnérables.
Pourquoi un trajet de *moins d’une heure* devrait-il coûter **trois à quatre fois plus cher** qu’un voyage interprovincial de plusieurs heures ? La réponse est simple : l’ONATRA, au lieu de servir l’intérêt général, profite d’une absence de régulation pour imposer des tarifs arbitraires, sans considération pour le pouvoir d’achat des citoyens.
En théorie, un service public doit garantir un accès aux infrastructures essentielles à un prix raisonnable. Mais ici, l’ONATRA opère comme une *entité commerciale sans contrôle*, alignée sur les pratiques les plus prédatrices du secteur privé.
L’État, loin d’intervenir pour corriger ces dérives, se montre complice par son silence. Plutôt que de défendre les droits des citoyens, les autorités laissent prospérer ce modèle injuste, transformant un besoin fondamental—le transport—en une *marchandise à exploiter*.
Ce laxisme administratif ne relève pas de l’incompétence : il est la conséquence directe d’intérêts économiques occultes, où certaines élites trouvent leur compte dans cette *distorsion du marché*.
Les usagers du transport fluvial sont *pris en otage*, obligés de se soumettre à des tarifs abusifs faute d’alternative viable. Dans un pays où le réseau routier est largement défaillant, refuser ces services revient à *s’exclure d’une mobilité essentielle*.
On assiste donc à une forme de *violence économique*, où l’État et ses entreprises publiques imposent leur loi aux plus vulnérables. Ces décisions ne sont pas neutres : elles participent à une stratégie plus large de **marginalisation économique**, où seules les franges privilégiées de la population peuvent se permettre d’accéder aux infrastructures sans difficulté.
Si l’ONATRA persiste dans cette logique d’exploitation, il ne faudra pas s’étonner de voir émerger des mouvements de contestation de plus en plus radicaux. Car un peuple abandonné face à l’arrogance institutionnelle finit toujours par exiger des comptes.
La question n’est plus de savoir si un changement est nécessaire, mais quand la pression populaire obligera l’État à agir.
Merveille Maleya


