La République Démocratique du Congo (RDC) endure depuis plus de trente ans un déferlement d’agressions extérieures, notamment de la part du Rwanda. Cette situation tragique, qui trouve ses origines dans les conflits internes au Rwanda, a laissé des cicatrices profondes sur le sol congolais. Alors que les dirigeants rwandais justifient leur présence en RDC en invoquant la sécurité, les données historiques révèlent un autre visage : des milliers de Congolais sont tués, des terres sont usurpées, et un nombre croissant de compatriotes sont déplacés internes en conséquence de cette situation.
Face à ce constat accablant, la question se pose : pourquoi certains leaders religieux et compatriotes ferment-ils les yeux sur cette réalité dévastatrice ? Est-ce de l’ignorance, de la haine envers le régime actuel, ou un désir caché de remplacer les dirigeants en place ?
Un Constat Troublant : L’Inaction des Leaders Religieux
Les récentes sorties médiatiques de figures religieuses telles que le Cardinal Fridolin Ambongo et Monseigneur Nshole suscitent de légitimes interrogations. Alors que le Rwanda maintient des opérations militaires sur le sol congolais, avec le soutien de complices internes, comment se fait-il que ces leaders catholiques, censés être au service des plus vulnérables, choisissent de concentrer leurs critiques sur le gouvernement congolais ?
L’Église catholique, qui représente des millions de fidèles, devrait théoriquement être un bastion de la défense des droits de l’Homme et de la justice sociale. Cependant, les déclarations de certains leaders religieux pourraient prêter le flanc à une interprétation de trahison. À titre d’exemple, le Cardinal Ambongo, berger de milliers de chrétiens, n’a jamais condamné les actes d’agression menés par le Rwanda contre la RDC. Pourquoi cette omerta face à l’agression d’un pays voisin qui tue quotidiennement des Congolais ?
Une Lecture Erronée de la Situation
La question se pose de savoir si certains de ces leaders religieux ont une vision déformée de la situation. En rejetant la faute uniquement sur le gouvernement congolais sans aborder le problème plus vaste de l’agression rwandaise, ne contribuent-ils pas à une vision simpliste de la réalité ? Quand Monseigneur Nshole critique le régime de Tshisekedi tout en taisant les atteintes à la souveraineté congolaise, se rend-il compte de l’impact dévastateur de telles déclarations sur le moral des Congolais ?
Les déclarations de ces leaders, souvent qualifiées de « suicidaires », ne mettent-elles pas en danger la paix fragile qui règne déjà dans le pays ? Dans un contexte où la balkanisation du pays semble devenir une réalité, pourquoi ne s’élèvent-ils pas contre les véritables responsables de cette tragédie ? Comme l’a dit le mouvement nationaliste : « L’ennemi est à la porte et ceux qui nous défendent semblent le craindre moins que ceux qui sont censés être nos protecteurs. »
La Responsabilité Éthique et Morale des Leaders Religieux
Il est impérieux de se demander en vertu de quoi certains membres du clergé se considèrent-ils intouchables. Qui leur a conféré une immunité face aux lois qui s’appliquent à tous les citoyens congolais ? La position de leader religieux ne confère pas le droit de fermer les yeux sur les injustices, ni celui de propager une vision unidimensionnelle de la situation politique.
La justice ne doit pas être sélective. Pourquoi le ministère public ne convoque-t-il pas l’évêque général Kankenze pour demander des éclaircissements sur les déclarations d’un Mgr Nshole qui semblent friser la trahison ? La société congolaise a besoin de réponses et d’un engagement clair contre les ennemis du pays, qu’ils soient internes ou externes.
L’Appel à la Vigilance et à la Mobilisation
Il est temps d’appeler à la vigilance et à la mobilisation générale, non seulement contre ceux qui attaquent la RDC, mais aussi contre ceux qui, par leurs discours, peuvent affaiblir la résistance du peuple face aux agressions extérieures. Les leaders religieux doivent comprendre qu’ils ont une responsabilité cruciale dans la formation du discours public. Leur silence ou leur inaction face aux violations des droits de l’Homme par le Rwanda et ses supplétifs peut être perçu comme un soutien tacite.
« Le silence des bons est plus dangereux que les discours des méchants », disait un sage. Les leaders doivent se lever pour défendre la liberté et l’intégrité de la nation. Leur lutte doit s’étendre au-delà de la simple critique du gouvernement et inclure une dénonciation claire des politiques d’agression et de pillage qui mettent en péril la dignité et les droits des Congolais.
En fin de compte, la RDC mérite des leaders religieux engagés qui voient au-delà des clivages politiques et qui insistent sur la nécessité d’une unité nationale face aux engeances extérieures. Les temps sont critiques, et un véritable changement ne peut être obtenu que par une prise de conscience collective. Les dirigeants religieux doivent choisir leur camp : celui de la vérité et de la justice pour le peuple congolais, ou celui de la complicité tacite avec ceux qui cherchent à détruire le tissu même de notre nation.
L’heure est à l’action. Les leaders religieux doivent servir de bastions contre l’oppression et les violences, tout en fermant la porte à la division et à la trahison. Que chaque voix s’élève pour défendre le Congo et ses citoyens, encore et toujours. La RDC ne peut pas se permettre d’échouer, ni de reculer.
Jean Aimé Mbiya Bondo


