La République Démocratique du Congo se prépare à vivre une année 2025 marquée par des ambitions financières sans précédent. Au cœur de cette stratégie, la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participation (DGRAD) se retrouve face à un défi colossal : mobiliser 6 350 milliards de francs congolais, soit une augmentation spectaculaire de près de 49 % par rapport à l’année précédente. Mais loin de se laisser intimider, la DGRAD se lance dans cette aventure avec une détermination farouche et une volonté de réussir qui inspirent l’ensemble du pays.
Un départ prometteur, malgré les défis
Les premiers mois de l’année ont déjà donné un avant-goût des obstacles à surmonter. En janvier, la DGRAD a réalisé 273 milliards de francs congolais sur une prévision de 320 milliards, soit un taux d’exécution de 85 %. Mais en février, elle a dépassé les attentes en collectant 340 milliards sur une prévision de 312 milliards, atteignant un impressionnant taux d’exécution de 108 %. Ces résultats contrastés montrent que la route sera semée d’embûches, mais aussi que le potentiel d’atteindre les objectifs est bien réel.

C’est dans ce contexte que le ministre des Finances, Doudou-Roussel Fwamba Likunde Li-Botayi, a ouvert avec éclat la conférence annuelle des directeurs de la DGRAD. Placée sous le thème ambitieux : « Réformes stratégiques pour la mobilisation optimale des recettes non fiscales », cette rencontre se veut un véritable laboratoire d’idées pour maximiser les ressources publiques et donner un nouveau souffle à l’économie congolaise.
Le ministre n’a pas mâché ses mots : « Nous devons repenser nos méthodes et adopter une approche axée sur les résultats. Il est impératif d’innover pour répondre aux attentes du Gouvernement et aux besoins pressants de notre pays. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester dans le statu quo ; nous devons être audacieux et créer un élan qui transforme notre économie. »
Parmi les pistes évoquées figurent :
La création d’un répertoire sectoriel des assujettis, basé sur les données existantes et synchronisé avec celles de la Direction Générale des Impôts (DGI).
L’optimisation des contrôles sur place, avec ou sans l’intervention des services d’assiette.
L’amélioration du recouvrement et de l’ordonnancement, deux phases cruciales pour maximiser les recettes.
Pour garantir la pertinence des discussions, cette édition innove avec une organisation en six panels thématiques. Objectif : permettre des échanges approfondis et aboutir à des recommandations concrètes et réalisables qui pourront être mises en œuvre immédiatement.
L’année 2024 a été marquée par une performance remarquable. Sur une prévision budgétaire de 4 264 milliards de francs congolais, la DGRAD a mobilisé 4 422 milliards, soit un taux d’exécution impressionnant de 103,70 %. Ce succès a été rendu possible grâce à :
La synergie entre les cadres et agents de la DGRAD.
L’encadrement rigoureux assuré par l’Inspection Générale des Finances.
Le soutien indéfectible du ministre des Finances.
Cependant, l’objectif fixé pour 2025 représente un bond spectaculaire qui nécessitera non seulement des efforts redoublés mais aussi une adaptation aux réalités économiques et sécuritaires du pays.
Malgré ces ambitions, plusieurs nuages planent sur l’horizon financier. Le directeur général de la DGRAD, Étienne Utshudi, a tiré la sonnette d’alarme sur deux défis majeurs :
La suspension temporaire des exportations de cobalt : Une décision qui affecte directement les recettes minières, lesquelles représentent environ 70 % des revenus non fiscaux collectés par la DGRAD.
La multiplication des fonds spéciaux : Certains établissements publics se financent désormais via les recettes non fiscales encadrées par la DGRAD, réduisant ainsi son champ d’action.
À cela s’ajoute le contexte sécuritaire tendu dans l’Est du pays, où le conflit armé continue d’avoir un impact négatif sur les recettes publiques.
Face à ces défis, une Loi de Finances rectificative est en préparation pour ajuster les prévisions budgétaires et prendre en compte ces imprévus. Mais la DGRAD ne se laisse pas décourager. Au contraire, elle voit dans ces obstacles des opportunités pour innover et se renforcer.
Dans son discours d’ouverture, le ministre Fwamba a exhorté les participants à faire preuve d’audace et d’innovation. « Cette conférence doit être un cadre fertile pour identifier les réformes nécessaires à l’accroissement durable des recettes non fiscales », a-t-il martelé. Il a également insisté sur l’importance d’une collaboration étroite entre tous les acteurs impliqués dans le processus fiscal.
Au-delà des chiffres et des stratégies techniques, la mobilisation optimale des recettes non fiscales revêt une importance cruciale pour le pays. Ces ressources permettront au Gouvernement congolais de répondre aux besoins urgents liés à la guerre injuste imposée par le Rwanda et ses alliés du M23 dans l’Est du pays. Elles contribueront également au financement des projets prioritaires visant à améliorer le quotidien des Congolais.

L’année 2025 s’annonce comme un tournant décisif pour la DGRAD et pour l’ensemble de la République Démocratique du Congo. Avec une ambition budgétaire sans précédent et un contexte économique complexe, l’institution devra faire preuve d’ingéniosité et de résilience pour relever ce défi historique. Mais si l’on se fie aux performances passées et à la détermination affichée par ses dirigeants, il y a fort à parier que la DGRAD saura transformer cette ambition en succès éclatant. Le peuple congolais attend avec impatience ce nouveau chapitre de croissance et de progrès. La DGRAD est prête à relever le défi et à écrire une nouvelle page de son histoire.
Junior Beya


