Dans une région déjà déchirée par les conflits, un nouveau front s’ouvre : celui de l’information. Depuis plusieurs jours, un voile numérique s’est abattu sur la République démocratique du Congo, privant des millions de citoyens de leur accès à X (anciennement Twitter) et TikTok. Une décision controversée des autorités, sur fond de combats et d’instabilité croissante, qui suscite une vague d’indignation bien au-delà des frontières du pays.
« Une atteinte grave au droit à l’information », a tonné Bintou Keita, la représentante spéciale de l’ONU, lors d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme à Genève. Ses mots résonnent comme un cri d’alarme face à une situation qui menace les fondements mêmes de la démocratie.
Alors que la désinformation et les rumeurs alimentent déjà les tensions, priver les Congolais d’un accès libre à l’information ne fait qu’aggraver la crise. Face à cette censure numérique, certains internautes tentent de contourner les blocages grâce à des VPN. Mais la riposte ne s’est pas fait attendre : l’accès au Play Store, la porte d’entrée vers ces outils de contournement, est également restreint. Un véritable jeu du chat et de la souris qui laisse les citoyens piégés dans un labyrinthe numérique.
La promesse d’un retour à la normale, faite en début de semaine par le Vice-premier ministre de l’intérieur, Jacquemain Shabani, sonne creux. Les jours passent, l’accès à l’information reste bloqué, et la population, déjà fragilisée par les conflits, se retrouve otage d’une guerre de l’information dont elle est la première victime.
Le silence numérique imposé en RDC est-il une stratégie délibérée pour masquer la vérité ? Ou une simple « panne technique », comme le suggèrent certaines sources gouvernementales ? Quelle que soit la réponse, une chose est sûre : la liberté d’information est un droit fondamental.
Merveille Maleya


