Le président Félix Tshisekedi a réaffirmé, lors de la cérémonie de présentation des vœux au corps diplomatique, que la peine de mort en République démocratique du Congo est désormais strictement réservée aux crimes de terrorisme et de trahison au sein des forces armées. Cette position souligne une approche prudente du gouvernement, qui cherche à concilier sécurité nationale et respect des droits humains.
Depuis le lancement de l’opération « Ndobo », destinée à combattre la criminalité urbaine, plusieurs condamnations à mort ont été prononcées contre des individus accusés de violence et d’association de malfaiteurs. Le 18 décembre dernier, le Tribunal de Grande Instance de Kalamu a condamné 21 personnes à la peine capitale lors d’une audience foraine en flagrance.
Récemment, le 5 janvier 2025, les autorités congolaises ont transféré 170 détenus condamnés à mort vers la prison de haute sécurité d’Angenga, dans la province de la Mongala. Ce transfert, officiellement destiné à faciliter d’éventuelles exécutions, suscite des interrogations sur les intentions réelles du gouvernement. Les « Kulunas », ces bandits urbains souvent visés par les opérations de sécurité, sont majoritaires parmi les détenus transférés.
Le président Tshisekedi a insisté sur l’importance du renforcement de l’appareil judiciaire pour consolider l’autorité de l’État et restaurer la confiance des citoyens. « L’impunité et l’indiscipline n’auront plus de place dans notre société, » a-t-il déclaré. Cependant, la question de la peine de mort reste un sujet sensible, avec des défenseurs des droits humains qui plaident pour son abolition pure et simple.
Dans ce contexte, la RDC se retrouve face à un dilemme : comment concilier la nécessité de sécurité avec le respect des droits humains fondamentaux ? La réponse à cette question sera cruciale pour l’avenir du pays.
Merveille Maleya


