Nul n’ignore que ces derniers mois, l’on a assisté à des passes d’armes entre les prélats de l’Eglise catholique congolaise et le pouvoir en place. Pour le commun des mortels, ces points de vue discordants fragilisent l’unité nationale, à l’heure où le pays fait face à des défis urgents, notamment la guerre qui bat son plein dans la partie Est, causant un énorme drame humanitaire qui se traduit par plusieurs millions de déplacés exposés aux intempéries. D’où la nécessité de faire taire des rancoeurs, de manière à ce que toutes les couches sociales regardent dans la même direction, conjuguent des efforts pour mieux relever ces défis qui doivent aboutir au retour de la paix et de la sécurité dans les provinces meurtries du pays. Le développement du pays en dépend.
Dans cet ordre d’idées, les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo –CENCO- ont publié, à l’occasion de la fête de Noël 2024, un message dans lequel ils lancent un appel en faveur du pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en République Démocratique du Congo et dans les Grands lacs.
Cet appel est lancé dans l’espoir que l’urgence et la nécessité de la paix triomphent sur les blessures du passé et les rancœurs du présent. Il est aussi demandé à la communauté internationale de jouer un rôle actif en permettant que la voix de chaque pays des Grands lacs soit équitablement entendue. La guerre et la diplomatie ayant montré leurs limites, constate la CENCO, il est urgent de conclure un pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble.
Eviter des contradictions entre l’Eglise et le pouvoir
Saisissant la balle au bond, Jean Thierry Monsenempwo, cadre de l’Union sacrée de la nation, et signalons-le, membre de la Commission intellectuelle de l’Église catholique, a eu un long entretien avec Mgr Donatien Nshole, secrétaire permanent de la CENCO. Outre des échanges sur des valeurs chrétiennes, les deux interlocuteurs ont abordé des questions essentielles liées à l’avenir de notre pays et à la portée réelle de l’appel lancé par l’Église sur le vivre-ensemble.
Au sortir de cette audience, Thierry Monsenempwo a dit avoir expliqué avec clarté au Secrétaire permanent de la CENCO, que la situation dans l’Est du pays marquée par l’agression rwandaise par le biais des groupes armés M23 et AFC, doit préoccuper tout le monde, les prélats catholiques comme les chrétiens congolais. Il a reconnu le mérite de la Conférence épiscopale nationale du Congo d’avoir été l’une des premières voix à alerter sur les risques de balkanisation qui pèsent sur la République démocratique du Congo.
Dans ce contexte, ce cadre de l’Union sacrée a insisté auprès de Mgr Donatien Nshole, sur la nécessité de soutenir les efforts du chef de l’État, Félix Tshisekedi, portant sur la protection de l’intégrité territoriale et l’amélioration du vécu quotidien du peuple congolais. Il est d’avis que l’action du président de la République en faveur de la gratuité de l’enseignement et sa lutte constante pour rétablir la paix dans l’Est doivent être appuyées par toutes les forces vives de la nation.
Pour lui, il est impérieux d’unir nos forces à l’heure où le pays chemine vers la commémoration du 65ème anniversaire de son indépendance. Il ne saurait y avoir d’opposition entre l’Église et les dirigeants. D’autant que nous sommes tous fils et filles du Congo, appelés à œuvrer ensemble pour un avenir de paix et de prospérité, a-t-il martelé.
Thierry Monsenempwo se dit convaincu que les échanges avec Mgr Donatien Nshole renforcent sa conviction que l’unité nationale et la foi doivent rester des piliers dans notre lutte contre les divisions et les agressions extérieures. Seule une solidarité collective, inspirée par nos valeurs chrétiennes et patriotiques, permettra de préserver notre nation et d’assurer son développement.
Mais, pour que la démarche du cadre de l’Union sacrée aboutisse à un large consensus, il serait nécessaire que les évêques de la CENCO puissent, comme d’habitude, rencontrer le chef de l’Etat Félix Tshisekedi afin d’harmoniser des vues sur le comportement que les fils et les filles de notre pays doivent adopter de manière à relever courageusement les défis multidimensionnels qui pointent à notre horizon.
JBK


