Samedi 21 décembre 2024, le pavillon 10 de la foire internationale de Congo-Kinshasa s’est transformé en véritable scène de théâtre, avec pour acteurs principaux les ministres Mukoko Samba, Julien Paluku, Guy Loando et Raissa Malu. Accompagnés d’une cohorte de protocoles et de gardes du corps, ces dignitaires ont fait une apparition fulgurante, laissant derrière eux une traînée de désillusion et d’incompréhension.
Dans un contexte où le gouvernement ne cesse de vanter les mérites de l’entrepreneuriat, ces ministres ont brillamment évité tout contact avec les véritables héros de cette foire : les entrepreneurs. Prendre le temps de discuter avec ceux qui, jour après jour, se battent pour faire avancer la RDC ? Quelle drôle d’idée ! Au lieu de cela, ils se sont contentés de se vautrer dans les stands de leurs ministères.
Se pavanant comme des paons en quête de reconnaissance, la seule exception à cette parade ministérielle fut une brève escale au stand de Milvest, une entreprise turque donc étrangère embourbée d’ailleurs dans les méandres de la construction de l’Arena de Kinshasa. Un choix judicieux pour montrer leur « engagement » envers les entreprises locales, n’est-ce pas ?
Mais ce qui choque le plus, c’est le mépris manifeste pour ces Congolais qui investissent non seulement leur propre argent, mais aussi leur intelligence et leur courage, tout cela dans l’espoir de faire bouger les lignes. Nos ministres semblent avoir oublié qu’ils sont là pour servir le peuple, et non pour se faire couronner sous les louanges de griots qui les accompagnaient dans cette visite-éclair.
Car oui, dans une foire où l’objectif est de faire émerger des solutions aux problèmes structurels de l’économie congolaise, il est pour le moins curieux de voir ces représentants du gouvernement se complaire dans un déluge de flatteries. Et que dire du stand dédié à l’intelligence artificielle ? Un véritable trésor d’innovation à portée de main, mais nos chers ministres ont préféré tourner les talons.
Comme si la technologie pouvait attendre un moment plus opportun, peut-être après un bon repas ou une séance de selfies. En ignorant cet aspect crucial du développement économique, ils semblent s’enfermer dans une bulle de confort, entourés de conseillers qui leur racontent des sornettes pour masquer l’absence de véritable engagement. Il est temps que nos ministres réalisent qu’une foire n’est pas un défilé.
Mais un lieu d’échanges, de découvertes et d’apprentissages. En se contentant de parader, ils ratent l’occasion d’écouter, de comprendre et de véritablement soutenir les entrepreneurs qui font la richesse de notre pays. Alors, à quand une véritable implication de nos dirigeants dans les réalités du terrain ? Peut-être qu’une prochaine foire, avec un peu moins de spectacle et un peu plus de substance, pourrait nous offrir une lueur d’espoir.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR


