« Entre la paix et le M23, le Rwanda a choisi le M23 »

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« Entre la paix et le M23, le Rwanda a choisi le M23 » (Kayikwamba)
« Entre la paix et le M23, le Rwanda a choisi le M23 » (Kayikwamba)
« Nous sommes arrivés à un moment assez tournant parce que nous avons tous pu constater que le Rwanda, la RDC et l’Angola étaient très proches d’avoir un accord de paix, mais que le Rwanda a fait le choix de supporter et de continuer son appui envers le M23 au dépend d’une perspective d’une paix et d’un accord de paix », déplore Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères, lors d’un briefing presse co-animé avec son collègue porte-parole du gouvernement .

Quelques heures après l’annonce de l’annulation de la tripartite Félix Tshisekedi, Paul Kagame sous la médiation de João Lourenço, la patronne de la diplomatie congolaise constate qu’« entre la paix et le M23, le Rwanda a choisi le M23 ».

Mauvaise dès le départ du processus

« C’était important que le président de la République se soit rendu à Luanda parce qu’il a pu échanger avec son homologue angolais et aussi exprimer sa reconnaissance pour ces efforts de médiation qui ont été déployés pendant plus de deux ans par l’Angola. », explique Thérèse Kayikwamba.

Revenant sur les divergences connues dans le cadre de ce processus, elle souligne qu’ « il est important d’éviter les spéculations et de se concentrer sur les faits, sur les postures et sur les décisions politiques que le Rwanda a prises et qu’il doit assumer ».

Elle rappelle que « depuis le 4 août, nous avons tous observé des violations récurrentes du cessez-le-feu par les forces armées rwandaises présentes en RDC en violation flagrante du droit international ».

C’est la raison pour laquelle , « la facilitation, la RDC et le Rwanda aussi ont mis en place le mécanisme de vérification ad-hoc renforcé pour que toutes ces allégations de violation du cessez-le-feu puissent être examinées et corroborées » .

« Ce mécanisme a été mis en place le 5 novembre 2024. Mais aujourd’hui, le 15 décembre, 40 jours plus tard, nous notons avec déception que la RDC a déployé ses experts le 5 novembre, l’Angola a déployé les siens le 5 novembre. Mais jusqu’à présent nous attendons les experts du Rwanda », renchérit-elle, tout en révélant que « j’ai même soulevé cette question ce lundi au Conseil de sécurité et l’ambassadeur du Rwanda m’a dit que les experts étaient en itinéraire. Je ne sais pas s’ils se sont perdus ».

Pas surprise par le revirement du Rwanda

Thérèse Kayikwamba Wagner fait savoir que « nous n’étions pas surpris. Les discussions étaient extrêmement difficiles et pénibles. Nous avons reconnu qu’il y avait un manque de bonne foi et ça de manière perpétuelle. Et à 1h du matin, après plus 6h de négociation, quand la nouvelle est arrivée que le Rwanda allait se retirer et que le président Kagame n’allait plus participer (au sommet), nous n’étions pas surpris parce que pour nous, c’est l’aboutissement d’un effort perpétuel qui avait été mené pendant la journée ».

« Et nous n’étions pas surpris parce que nous nous sommes rendus compte que l’étau se resserrait sur le Rwanda », estime-t-elle.

Thérèse Kayikwamba relève que « si nous avions eu la présence du président Kagame et la signature, nous serions maintenant dans un contexte d’obligation légale, dans un contexte dans lequel un Chef de l’État ou trois Chefs d’État auraient signé un accord et serait tenus redevables pour sa mise en œuvre ».

Et donc, pour la RDC , « c’est une confirmation de la posture du Rwanda et nous parlons de manière très ouverte de cette confirmation de la posture du Rwanda parce que ça a été aussi un long combat pour la RDC de dévoiler justement cette posture du Rwanda au monde entier ».

Qu’à cela ne tienne, rassure-t-elle, « Nous, nous restons mobilisés pour la paix. C’est pour cela que notre président s’est rendu à Luanda. Mais nous ne sommes pas surpris que le Rwanda n’ait aucun intérêt à ce qu’il y ait un accord et à ce qu’il y ait une paix durable ».

Elle souligne que « la posture du Rwanda, que ce soit par rapport au cessez-le-feu, que ce soit par rapport à la question de mécanisme de vérification ad-hoc, ou encore par rapport aux postures qui sont défendues même au Conseil de sécurité. La posture du Rwanda nous montre clairement que c’est un État qui ne respecte pas le droit international, que c’est un État qui n’a aucun scrupule de violer le droit international et de se présenter comme victime ».

Pendant ce temps , « nous, notre combat, c’est de montrer à toutes les parties implique le vrai visage des uns et des autres. Le nôtre, il est clair. C’est un visage d’un pays déterminé, qui cherche la paix et qui reste engagé malgré les défis et les obstacles ».

Kinshasa parle de l’annulation de cette tripartite, pendant que Kigali et Luanda parlent de report de cette tripartite. À la question de savoir si c’est un échec ou un report, Thérèse Kayikwamba estime que « l’un n’exclut pas l’autre. L’échec doit être constaté. Il y a un président qui a invité deux de ses homologues, l’un ne daigne pas honorer cette invitation. C’est un échec ».

Pour elle, la conséquence c’est que, « certains acteurs essaient quand même de rester mobilisés pour la paix et font preuve de patience et de sagesse. Nous allons quand même continuer ces efforts. C’est pour cela que nous n’abandonnons pas, c’est pour cela qu’il y aura un autre sommet. C’est pour cela que nous parlons ».

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