Dans les couloirs feutrés du pouvoir, où la constitution n’est plus qu’un chiffon de papier manipulé par des mercenaires intellectuels, se joue aujourd’hui le plus grand crime contre la nation congolaise : sa désintégration programmée. Quel tragique parcours que celui de ces constitutionnalistes qui, dans leur arrogance docte, ont transformé la loi fondamentale en un instrument de destruction massive !
Corneille Nangaa Yobeluo, hier gardien autoproclamé de la légalité électorale, aujourd’hui chef rebelle allié aux forces déstabilisatrices, incarne parfaitement la schizophrénie politique qui ronge notre République. Il n’est malheureusement pas le seul. Dans nos institutions, il y a bien pire. Il y a ceux qui ont enseigné des notions constitutionnelles pendant plus de 30 ans qu’il renie publiquement sans une once de honte.
Depuis le 14 décembre 2024, l’Alliance Fleuve Congo, un groupe rebelle sponsorisé par le Rwanda se pose désormais en prophète d’une « révolution constitutionnelle », comme si les mots pouvaient panser les plaies béantes que ces mêmes intellectuels ont ouvertes. Quelle ironie monumentale de voir ces « experts » prétendre réparer le système qu’ils ont méthodiquement sabordé !
La République démocratique du Congo devient le laboratoire cynique d’une implosion programmée. Chaque mot de Corneille Nangaa Yobeluo sonne comme un glas – non pas celui d’une renaissance, mais d’une agonie programmée. Les processus de Nairobi, de Luanda ne sont plus que des mascarades diplomatiques, des rituels funèbres célébrant la mort programmée d’un État, de notre propre État.
Ces professeurs constitutionnalistes véreux, ces juristes de salon, ces architectes de l’illusion démocratique, portent une responsabilité historique abyssale. Ils ont transformé la constitution de la République Démocratique du Congo en un instrument de fragmentation, préparant avec une précision chirurgicale le démembrement du pays. Nous ne leur pardonnerons jamais. L’histoire ne pardonnera pas.
Elle jugera ces intellectuels comme les véritables architectes de la Balkanisation, ces fossoyeurs qui, sous couvert de légalité, ont méthodiquement miné les fondements de la souveraineté nationale. La tragédie congolaise n’est pas seulement géopolitique et militaire. Elle est aussi philosophique. C’est le récit d’une élite qui a trahi son propre peuple, d’intellectuels qui ont transformé le droit en instrument de destruction.
Corneille Nangaa Yobeluo et ses semblables professeurs des universités, spécialistes en droit constitutionnel sans honneur, ne sont pas des réformateurs, ce sont des fossoyeurs. Leur héritage sera celui du néant juridique, du chaos institutionnel. Que les générations futures sachent : la trahison s’est faite au nom de la constitution, le démembrement au nom du droit. Puisse cette analyse être un avertissement, un cri d’alerte contre la barbarie intellectuelle qui guette.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR


